Les plus belles îles bretonnes à découvrir
Dix escales entre Atlantique et mer d’Iroise
La Bretagne compte plus de 800 îles et îlots. Une quinzaine restent habitées à l’année. Chacune possède son caractère, son histoire et ses paysages. De Belle-Île-en-Mer aux Glénan, voici dix escales pour prendre le large.
10 îles bretonnes à explorer
Du Golfe du Morbihan à la mer d’Iroise, en passant par les Côtes d’Armor, ces dix îles concentrent le meilleur de la Bretagne insulaire. Ainsi, chaque escale offre une ambiance différente, entre patrimoine maritime, plages préservées et nature sauvage.
Belle-Île-en-Mer, la plus grande
Avec ses 85 km² répartis sur quatre communes — Le Palais, Sauzon, Bangor et Locmaria —, Belle-Île est la plus grande île bretonne. Depuis Quiberon, la traversée dure environ 45 minutes avec la Compagnie Océane. En été, d’autres compagnies assurent également des liaisons depuis Vannes, Port-Navalo ou Le Croisic.
Le littoral alterne entre falaises spectaculaires et plages de sable fin. Côté Côte Sauvage, les aiguilles de Port-Coton — rendues célèbres par Claude Monet — dominent l’océan. Côté intérieur, la citadelle Vauban du Palais surplombe le port. Ainsi, le tour de l’île par le sentier côtier représente environ 80 km de randonnée. De plus, le réseau de bus insulaire facilite les déplacements entre les sites.
Bon à savoir. En haute saison (juillet-août), la réservation du bateau est indispensable. Les rotations passent de 5 par jour en hiver à 13 en été.
Île de Groix, l’île aux grenats
Groix doit son surnom aux abondants grenats présents dans ses roches métamorphiques. L’île abrite d’ailleurs une réserve naturelle géologique classée depuis 1982, riche de plus de 60 espèces minérales. La traversée depuis Lorient dure 45 minutes avec la Compagnie Océane. Sur place, les voitures sont déconseillées : le réseau de sentiers côtiers (27 km) et les itinéraires cyclables (plus de 40 km) permettent de tout explorer.
La plage des Grands Sables constitue une curiosité géologique : c’est la seule plage convexe d’Europe, et elle se déplace au gré des courants marins. En parallèle, la plage des Sables Rouges offre un spectacle minéral grâce au grenat qui teinte le sable. Côté patrimoine, Port-Tudy conserve l’atmosphère d’un ancien port thonier — Groix fut au XIXe siècle le premier port thonier de France.
Île d’Ouessant, le bout du monde
Point le plus occidental de la France métropolitaine, Ouessant occupe une position stratégique à la convergence de l’Atlantique et de la Manche. Plus de 50 000 navires passent chaque année dans ses parages. La traversée dure 1h15 depuis Le Conquet ou 2h15 depuis Brest, avec la compagnie Penn Ar Bed. En outre, des vols réguliers de 15 minutes existent depuis l’aéroport de Brest.
Cinq phares entourent l’île — le Créac’h, le Stiff, Kéréon, la Jument et Nividic —, d’où son surnom d’« île sentinelle ». Le musée des Phares et Balises, installé au pied du Créac’h, retrace l’histoire de la signalisation maritime. Côté nature, Ouessant fait partie du parc naturel marin d’Iroise et de la réserve de biosphère UNESCO. Les falaises ciselées, les landes de bruyère et les moutons noirs d’Ouessant composent des paysages d’une force rare.
Se déplacer. Le vélo reste le meilleur moyen de parcourir l’île. Plusieurs loueurs accueillent les visiteurs dès le débarquement au port du Stiff.
Île de Bréhat, l’île aux fleurs
Dix minutes de bateau depuis la pointe de l’Arcouest, près de Paimpol, et le dépaysement est total. Grâce au Gulf Stream, Bréhat bénéficie d’un microclimat doux qui favorise une végétation méditerranéenne : mimosas, agapanthes, figuiers et eucalyptus fleurissent ici en abondance. C’est pourquoi l’île porte le surnom d’« île aux fleurs ».
L’île se compose en réalité de deux parties reliées par le pont ar Prat, construit au XVIIIe siècle sous Vauban. Le sud, plus fleuri, rassemble le bourg et les jardins luxuriants. Le nord, plus sauvage, offre des landes et des côtes rocheuses. Premier site naturel classé en France, Bréhat accueille plus de 500 000 visiteurs par an. Depuis l’été 2023, l’accès est limité à 4 700 personnes par jour en haute saison.
Sans voiture. Les engins à moteur sont interdits sur l’île. La découverte se fait à pied ou à vélo (location sur place, environ 13 € la journée).
Île de Molène, au cœur de l’Iroise
À mi-chemin entre Le Conquet et Ouessant, Molène est la plus grande île d’un archipel de 19 îles et îlots. La traversée depuis Le Conquet dure environ 30 minutes avec la compagnie Penn Ar Bed. Le tour de l’île à pied ne prend qu’une heure (environ 4 km), mais la richesse du site mérite de s’attarder.
L’archipel de Molène appartient à la réserve de biosphère de la mer d’Iroise, reconnue par l’UNESCO. Les eaux limpides abritent une colonie de phoques gris et des grands dauphins. Sur l’île, le musée du Drummond Castle retrace le naufrage tragique de ce paquebot anglais en 1896. Côté gastronomie, la saucisse de Molène fumée aux algues fait partie des spécialités à ne pas rater.
Île de Sein, terre de caractère
Longue de 1,8 km et large de 800 mètres au maximum, Sein culmine à seulement 1,5 mètre d’altitude moyenne. La traversée depuis Audierne-Sainte-Evette dure environ une heure avec Penn Ar Bed. Sur place, aucune voiture : les déplacements se font exclusivement à pied, dans un dédale de ruelles étroites conçues pour briser le vent et les embruns.
L’histoire de Sein est indissociable de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1940, 128 Sénans ont rejoint Londres pour s’engager dans les Forces françaises libres, poussant le général de Gaulle à déclarer : « Sein, c’est donc le quart de la France ». L’île a reçu la Croix de la Libération en 1946. Aujourd’hui, le monument aux Sénans libres et l’abri du Marin perpétuent cette mémoire. Sein reste également la commune la plus décorée de France au titre de la Seconde Guerre mondiale.
Attention météo. Par gros temps, les rotations peuvent être annulées. Sein est parfois coupée du continent plusieurs jours en hiver.
Archipel des Glénan, les Caraïbes bretonnes
Sable blanc, eaux turquoise, lagon intérieur : l’archipel des Glénan évoque les tropiques en pleine Bretagne. Neuf îles principales disposées en cercle forment « la Chambre », cette petite mer intérieure aux couleurs irréelles. La blancheur du sable provient du maërl, un dépôt calcaire issu de la décomposition d’algues. Plusieurs compagnies assurent la traversée depuis Concarneau, Bénodet, Beg-Meil ou Loctudy, d’avril à septembre.
L’île Saint-Nicolas, seule escale accessible aux visiteurs, abrite depuis 1974 une réserve naturelle nationale. Son objectif : protéger le narcisse des Glénan, une espèce endémique qui ne pousse nulle part ailleurs au monde. En 2021, plus de 260 000 pieds ont été dénombrés — un redressement spectaculaire après les 300 pieds de 1974. L’archipel accueille également la célèbre école de voile Les Glénans, fondée en 1947.
Île aux Moines, la perle du Golfe
Cinq minutes de navette depuis Port-Blanc à Baden suffisent pour rejoindre la plus grande île du Golfe du Morbihan. En forme de croix, l’île s’étire sur 6 km de long. Son microclimat permet la pousse de camélias, de palmiers et de mimosas, donnant aux jardins des allures presque méditerranéennes. Les départs sont fréquents toute l’année (jusqu’à 30 rotations par jour en été).
Le sentier côtier fait le tour complet de l’île en environ 3 heures (15 km). Au passage, il dessert la plage du Goret, le bois d’Amour, le cromlech de Kergonan — un cercle mégalithique parmi les plus grands de Bretagne — et de nombreuses criques abritées. Côté bourg, les ruelles fleuries, les crêperies et les maisons de granit composent une ambiance paisible. Le vélo est le moyen idéal pour sillonner les chemins intérieurs.
Île d’Arz, la paisible
Moins connue que sa voisine l’île aux Moines, l’île d’Arz séduit par sa tranquillité. La traversée depuis Vannes (gare maritime) dure environ 20 minutes. Le sentier côtier (environ 17 km) permet de faire le tour complet de l’île en 4 à 5 heures. Les paysages alternent entre plages abritées, pointes rocheuses et marais salants.
Le site le plus emblématique reste le moulin à marée de Berno, restauré et remis en fonctionnement. Ce moulin du XVIe siècle utilise la force des marées pour moudre le grain — un mécanisme rare et fascinant. En parallèle, le village de capitaines témoigne du passé maritime de l’île. Les chemins intérieurs, bordés d’hortensias et de murets de pierre, offrent une balade champêtre à deux pas du littoral.
Houat et Hoëdic, les îles jumelles
Houat (« le canard » en breton) et Hoëdic (« le caneton ») forment un duo attachant au large de Quiberon. La Compagnie Océane dessert Houat en 40 minutes et Hoëdic en 1h20 depuis Quiberon. Les voitures sont interdites sur les deux îles. Résultat : un calme absolu et des plages préservées.
Houat s’étend sur 5 km de long, avec la spectaculaire plage de Treac’h er Goured sur sa côte ouest — une étendue de sable blanc bordée d’eaux transparentes. Hoëdic, plus petite, conserve un fort du XIXe siècle et un patrimoine mégalithique. Côté nature, les deux îles sont classées au sein du site Natura 2000 de la baie de Quiberon. La végétation rase de landes et de dunes abrite une avifaune marine riche, notamment des sternes et des goélands.
Séjourner ou visiter à la journée ? L’hébergement est limité sur les deux îles. En été, réservez longtemps à l’avance. Hors saison, la visite à la journée est plus simple.
Continuez l’aventure en Bretagne
Ces dix îles ne sont qu’un aperçu de la richesse du littoral breton. Retrouvez nos guides de randonnées, nos itinéraires vélo et nos idées de séjours pour prolonger la découverte.