Sept étapes pour une semaine en Bretagne Sud
De Vannes à Quimper, du Golfe à la Cornouaille
Mégalithes, remparts médiévaux, îles au large, ports de pêche actifs, villages de peintres : la Bretagne Sud concentre en sept jours ce que d’autres régions étalent sur un mois. Cet itinéraire relie les étapes du Morbihan au Finistère en suivant la côte vers l’ouest, sans kilomètre gaspillé.
Les 7 étapes d’une semaine en Bretagne Sud
De Vannes à Quimper, sept destinations qui couvrent l’essentiel du Morbihan et du Finistère. Pour chacune, ce qu’il faut voir, ce qu’il ne faut pas manquer, et ce qui rend l’endroit irremplaçable.
Vannes et le Golfe du Morbihan
Vannes est l’une des rares villes bretonnes à avoir conservé ses remparts en quasi-totalité. On longe d’abord les murailles côté jardins de la Garenne, puis on pousse dans les ruelles du centre médiéval jusqu’à la cathédrale Saint-Pierre. Place Henri IV, les maisons à pans de bois donnent le ton — et on comprend assez vite pourquoi la ville attire autant. Le port de plaisance marque ensuite la limite entre la ville et le Golfe, ce plan d’eau intérieur de 120 km² qui compte une quarantaine d’îles, des chenaux étroits et des paysages qui changent à chaque marée.
Le Golfe se voit aussi depuis les îles. Les croisières commentées au départ du port proposent une escale sur l’île aux Moines ou l’île d’Arz — assez de temps pour se balader, se baigner et prendre la mesure de ce que le Golfe a de singulier.
Réservez la veille. En juillet-août, les croisières affichent complet dès le matin. Les compagnies du port de Vannes acceptent les réservations directes — ne laissez donc pas ça au dernier moment.
Carnac et les alignements
Trois mille menhirs alignés sur quatre kilomètres entre le Ménec, Kermario et Kerlescan : les alignements de Carnac sont le plus grand ensemble mégalithique du monde, et ils restent inexpliqués. On peut longer les enclos à pied ou à vélo, en prendre la mesure depuis les hauteurs du Ménec, se perdre dans la répétition des pierres. Le Musée de Préhistoire de Carnac, en centre-ville, est par ailleurs l’un des plus riches d’Europe sur le Néolithique — il apporte le contexte que le site seul ne donne pas.
Carnac, c’est aussi une station balnéaire sérieuse : ses plages de sable fin s’étendent côté baie de Quiberon, dans un cadre calme. Entre les alignements et la plage, une journée suffit à peine.
Accès réglementé en saison. De mi-juin à mi-septembre, les enclos ferment à la libre circulation. Les visites guidées du Centre des monuments nationaux sont alors la seule façon d’approcher les pierres de près.
La presqu’île de Quiberon
La presqu’île de Quiberon a deux visages qui ne se ressemblent pas. À l’ouest, la Côte Sauvage : 8 kilomètres de falaises de granite taillées par l’Atlantique, de criques inaccessibles et de passages rocheux que le GR34 longe au plus près du bord. L’arche naturelle de Port-Blanc, visible à marée basse, est l’un des paysages les plus saisissants du Morbihan. À l’est, en revanche, la Grande Plage offre du sable fin, des eaux calmes et une baignade sans houle.
Le port, côté sud, est également actif — poissons et crustacés en direct des bateaux, restaurants sur les quais. C’est aussi le point de départ des ferrys vers Belle-Île, l’étape suivante. Pensez à réserver votre traversée avant d’arriver à Quiberon.
Côte exposée. Certains passages du GR34 sont déconseillés par mer forte. Un coupe-vent est donc indispensable sur la Côte Sauvage, même en plein été.
Belle-Île-en-Mer, l’île aux cent visages
Belle-Île se parcourt à vélo ou en scooter électrique — les loueurs sont au port du Palais dès la sortie du ferry. Le programme s’écrit de lui-même : les Aiguilles de Port-Coton d’abord, ces rochers déchiquetés face à l’Atlantique que Monet a peints une quarantaine de fois en 1886. Puis la Pointe des Poulains au nord-ouest avec son phare isolé dans les landes. Ensuite Sauzon, le village aux maisons colorées qui surplombe un port minuscule. La plage de Donnant, côté atlantique, est enfin la plus sauvage de l’île.
La citadelle Vauban au Palais mérite également une heure avant de reprendre le ferry — c’est une forteresse du XVIIe siècle reconvertie en musée, perchée au-dessus du port d’arrivée. Pour ceux qui restent dormir, l’île change d’ailleurs complètement d’atmosphère une fois les derniers bateaux partis.
Ferry : réservez bien en avance. En juillet-août, les traversées Quiberon–Le Palais partent complètes plusieurs jours à l’avance. Réservation en ligne via la Compagnie Océane.
Concarneau et sa ville close
La ville close de Concarneau est une île fortifiée posée entre les deux bassins du port, reliée à la ville par un pont. On entre, on monte sur le chemin de ronde pour avoir la vue sur les deux ports et la baie, puis on redescend dans les ruelles en granit. Le Musée de la Pêche vaut aussi le détour — le chalutier Hémérica, amarré à quai, se visite de l’intérieur et donne une idée concrète de ce que représente la pêche hauturière.
Concarneau est par ailleurs le troisième port thonier de France. Les restaurants du quai Pénéroff servent le poisson du jour en direct des chalutiers — c’est ici qu’on mange le mieux de l’étape. En saison, des excursions partent également vers les îles Glénan, à une heure de navigation.
Pont-Aven, cité des peintres
Pont-Aven doit tout à sa rivière et à ses peintres. Gauguin arrive en 1886, Bernard et Sérusier suivent, et ensemble ils fondent l’École de Pont-Aven — une rupture avec l’impressionnisme, des couleurs aplaties, des contours marqués. Le Musée de Pont-Aven présente leurs œuvres ; un circuit de reproductions dans les rues permet ensuite de retrouver les paysages peints sur le motif, reconnaissables cent quarante ans plus tard. Les sentiers du Bois d’Amour longent alors l’Aven entre les 14 moulins — c’est ici que Sérusier peint le Talisman en 1888, sous la dictée de Gauguin.
Les galettes et palets de Pont-Aven se fabriquent encore dans des ateliers artisanaux du centre-ville, certains ouverts à la visite. C’est d’ailleurs le souvenir à rapporter de cette étape.
Quimper et Locronan, deux visages de la Cornouaille
Quimper est la capitale de la Cornouaille et ça se voit : la cathédrale Saint-Corentin dresse ses deux flèches depuis le XIIIe siècle au-dessus des toits, la rue Kéréon aligne les maisons à colombages médiévales, la place au Beurre concentre les meilleures crêperies de la ville. Dans le quartier de Locmaria, au bord de l’Odet, les faïenceries HB-Henriot produisent aussi leur céramique caractéristique depuis 1708 — les ateliers se visitent.
À 17 kilomètres, Locronan est dans un état de conservation rare : une place centrale en granit du XVIe siècle, des maisons sans une ligne moderne, une atmosphère qui explique que les équipes de tournage s’y installent régulièrement. La montagne de Locronan, vingt minutes à pied depuis la place, ouvre enfin sur un panorama sur la baie de Douarnenez et la presqu’île de Crozon — le meilleur point de vue pour conclure cette semaine en Bretagne Sud.
Prolongez votre séjour en Bretagne Sud
Ces sept étapes couvrent les temps forts du Morbihan et du Finistère, mais chacune mérite davantage qu’une journée. Le Golfe du Morbihan s’explore en plusieurs sorties, Belle-Île en deux jours au minimum, et la presqu’île de Crozon — à une heure de Quimper — ouvre sur un autre chapitre de la côte bretonne.