Faune bretonne : guide des animaux sauvages
Loutre, chevreuil, grand rhinolophe : la Bretagne abrite une faune discrète mais riche.
Avec plus de 60 espèces de mammifères terrestres, la Bretagne offre une diversité animale que l’on ne soupçonne pas toujours. Des forêts de Brocéliande aux rives du Golfe du Morbihan, voici les espèces à connaître, les lieux où les observer et les enjeux de leur protection.
Un territoire de bocage et de nature
La Bretagne n’est pas qu’un littoral. Derrière les côtes, c’est aussi un pays de haies bocagères, de forêts anciennes, de landes et de zones humides. Cette mosaïque de milieux naturels explique la richesse de la faune régionale : plus de 60 espèces de mammifères terrestres y cohabitent, du chevreuil commun aux chauves-souris les plus rares d’Europe.
Pourtant, cette diversité est fragile. Selon le Groupe Mammalogique Breton (GMB), environ 40 % des mammifères de Bretagne sont aujourd’hui menacés. La disparition des haies, l’agriculture intensive, l’urbanisation et le trafic routier fragmentent les habitats. Certaines espèces, comme la loutre d’Europe ou le grand rhinolophe, sont ainsi devenues de véritables indicateurs de la qualité de l’environnement.
Bonne nouvelle : les efforts de conservation portent aussi leurs fruits. La loutre reconquiert peu à peu les cours d’eau, le castor d’Eurasie est de retour, et les réseaux d’associations naturalistes n’ont jamais été aussi actifs. Voici donc les animaux à connaître pour mieux comprendre la Bretagne sauvage.
Les animaux emblématiques de Bretagne
Certaines espèces sont devenues les ambassadrices de la faune bretonne. On les croise dans les forêts, le long des rivières ou même au fond des jardins. Les voici.
Loutre d’Europe
Longtemps en déclin, elle a conservé en Centre-Bretagne l’un de ses derniers bastions français dans les années 1980. Depuis, elle reconquiert progressivement les cours d’eau de la région. Sa présence témoigne directement de la bonne santé des milieux aquatiques.
Chevreuil européen
Présent dans presque toute la Bretagne, ce petit cervidé élégant habite forêts, haies et pâtures. On l’aperçoit aussi souvent à la tombée du jour, aux lisières des champs et des bois.
Renard roux
Symbole d’adaptation, il occupe tous les milieux, y compris les zones périurbaines. Carnivore opportuniste, il contribue notamment à la régulation naturelle de certains rongeurs. En Bretagne, il est partout.
Écureuil roux
Ce rongeur diurne et arboricole peuple les forêts, les parcs et les bocages. Reconnaissable à sa queue en panache, il est encore fréquent dans les zones boisées de Bretagne, où il n’a pas à subir la concurrence de l’écureuil gris.
Les discrets du bocage et des forêts
D’autres mammifères sont tout aussi présents en Bretagne, mais bien plus difficiles à observer. Nocturnes pour la plupart, ils vivent cachés dans les haies, les terriers et les sous-bois.
Blaireau européen
Nocturne et sociable, il creuse des terriers complexes (les « blaireaux ») qui peuvent servir pendant des générations. Omnivore, il fréquente aussi bien les forêts que les bocages et les landes.
Hérisson d’Europe
Insectivore nocturne, il aime les haies et les jardins. Menacé par le trafic routier et la fragmentation des habitats, il reste pourtant un allié précieux des jardiniers grâce à son appétit pour les limaces et les insectes.
Belette d’Europe
Le plus petit carnivore d’Europe. Présente dans les bocages, les prairies et les lisières forestières, elle est discrète mais vorace. Elle s’attaque surtout aux campagnols et aux mulots.
Martre des pins
Mustélidé arboricole, agile et solitaire, elle vit dans les forêts de feuillus et de conifères. Elle se distingue de la fouine par sa bavette jaune orangé et son caractère plus forestier.
Sanglier
Omnivore et robuste, il vit dans les forêts, les landes et les zones bocagères. Sa population est en augmentation en Bretagne, ce qui crée parfois des déséquilibres locaux et des dégâts agricoles.
Cerf élaphe
Le plus grand mammifère terrestre de Bretagne. Présent principalement dans les grands massifs forestiers (Brocéliande, Fougères, Loudéac), il est surtout visible à l’automne, pendant la période du brame.
Les sentinelles de l’environnement
Certaines espèces sont de véritables bio-indicateurs. Leur présence — ou leur absence — renseigne ainsi directement sur l’état de santé des milieux naturels bretons.
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Le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) Chauve-souris d’environ 40 cm d’envergure, étroitement liée au bocage et aux prairies pâturées. Le Finistère concentre à lui seul plus de 50 % des effectifs régionaux. En hiver, les colonies se regroupent également dans des cavités souterraines : anciennes ardoisières, blockhaus du littoral, caves. Sa présence témoigne d’un réseau de haies encore fonctionnel.
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Le campagnol amphibie (Arvicola sapidus) Petit rongeur des berges et des marais, en déclin dans toute la France mais encore bien représenté en Bretagne. Son statut reste toutefois incertain et son suivi fait partie des priorités du GMB.
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Le castor d’Eurasie (Castor fiber) Après des siècles d’absence, le castor a ainsi été signalé récemment en Bretagne. Son retour naturel est suivi de près par les associations naturalistes. Il est considéré comme un « ingénieur des écosystèmes » grâce à ses barrages qui favorisent la biodiversité aquatique.
40 % des mammifères menacés en Bretagne. La destruction des haies, l’urbanisation et les pesticides sont les principales causes de déclin. Mais les efforts de conservation, portés notamment par le GMB et Bretagne Vivante, commencent à porter leurs fruits.
Observer et protéger la faune bretonne
Où observer
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La réserve naturelle des marais de Séné Aux portes de Vannes, cette réserve protège une zone humide essentielle pour les oiseaux, mais aussi pour la loutre et le campagnol amphibie. Des observatoires permettent également d’observer la faune sans la déranger.
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La forêt de Brocéliande Chevreuils, cerfs, martres, écureuils roux : le massif de Paimpont est l’un des plus riches de Bretagne. Le brame du cerf, en automne, attire ainsi de nombreux curieux chaque année.
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Les lisières et les haies bocagères Pas besoin de réserve naturelle pour observer la faune. Les chemins creux, les talus plantés et les lisières de champs sont par ailleurs les meilleurs spots pour croiser renards, hérissons et blaireaux à la tombée du jour.
Comment aider
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Préserver les haies et les vieux arbres Ce sont les corridors écologiques essentiels pour les déplacements des mammifères. Une haie arrachée, c’est un passage coupé.
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Créer des passages dans les jardins Un simple trou de 13 cm en bas d’une clôture permet aux hérissons de circuler entre les parcelles. C’est le geste le plus facile et aussi le plus efficace.
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Signaler les animaux blessés Le GMB et la LPO Bretagne disposent de réseaux de bénévoles formés pour recueillir et soigner la faune sauvage. Ils interviennent également sur signalement.
Infos utiles
GMB
Groupe Mammalogique Breton, créé en 1988, siège à Sizun (Finistère). Plus de 400 adhérents. Atlas des mammifères sauvages de Bretagne publié en 2015. gmb.bzh
Meilleure période
Toute l’année, mais certaines périodes sont plus propices. Le brame du cerf a lieu en septembre-octobre, tandis que les chauves-souris sont visibles en été à la tombée de la nuit.
Sciences participatives
Contribuez aux inventaires via le portail Faune Bretagne. Chaque observation de mammifère, même banale, enrichit aussi les données régionales.
Bon à savoir
En Bretagne, la Nuit européenne de la chauve-souris (fin août) propose des sorties guidées gratuites pour découvrir ces mammifères volants méconnus.
Explorez la nature bretonne
La faune sauvage n’est qu’une facette de la biodiversité bretonne.