Découvrir Le Bono
Pont suspendu historique, cimetière de bateaux, rivière sauvage — l’un des plus beaux villages cachés du nord du Golfe du Morbihan
Niché dans une anse de la rivière du Bono, entre forêts et marais, ce petit port de deux mille âmes est l’un des secrets les mieux gardés du Morbihan. Un pont suspendu classé Monument Historique qui enjambe la rivière à 26 mètres de hauteur, un cimetière de bateaux oublié dans les herbes, des sentiers côtiers qui mènent à une chapelle médiévale et à un moulin à marée du XVe siècle — Le Bono se mérite, et ne déçoit jamais.
Le Bono, c’est un village qu’on ne trouve pas par hasard. Blotti au fond d’un bras de mer où la rivière du Bono rejoint la rivière d’Auray avant de se perdre dans le Golfe du Morbihan, ce petit port a vécu pendant un siècle et demi au rythme des forbans — ces bateaux de pêcheurs ventrus, typiques de la commune — et des parcs à huîtres qui jalonnaient ses rives. Aujourd’hui, l’ostréiculture a disparu, mais elle a laissé des traces dans le paysage : cabanes abandonnées, terre-pleins envahis par la végétation, une atmosphère de bout du monde.
Le vieux pont suspendu — l’un des deux plus anciens de France encore debout, inauguré en 1840 et classé Monument Historique — reste le symbole vivant du village. Depuis ses garde-corps de fer, le regard plonge sur le port, la rivière et ses méandres, les bois sauvages de l’autre rive. Autour, trois sentiers côtiers partent à la découverte de la chapelle Notre-Dame de Becquerel, du moulin de Kervilio et du tumulus néolithique de Kernours. Le Bono se visite lentement, à pied ou à vélo, de préférence hors saison, quand la lumière rasante de l’automne transforme chaque virage en tableau.
À voir au Bono
Le port
cœur vivant du village
Le port du Bono est l’un des plus pittoresques du nord du Golfe du Morbihan. Construit au XIXe siècle pour abriter la flottille des forbans — ces bateaux de pêche ventrus et trapus, typiques de la commune — il a connu à son apogée plus de cent bateaux et quatre cents marins. Une activité maritime intense, tournée à la fois vers la pêche hauturière dans le Golfe et vers les parcs à huîtres qui couvraient alors les rives de la rivière du Bono. De cette époque faste, il reste aujourd’hui des traces visibles tout le long du port : cabanes ostréicoles colorées, terre-pleins envahis de végétation, panneaux d’interprétation qui racontent la vie des pêcheurs bonovistes.
Aujourd’hui, le port accueille des bateaux de plaisance et reste le cœur social du village. C’est ici que tout commence et que tout revient — les promeneurs après le sentier, les plaisanciers le soir venu, les festivaliers lors de la Semaine du Golfe. L’église paroissiale Stella Maris — « Étoile de la Mer » — domine le bourg depuis le XIXe siècle, gardienne fidèle de cette communauté de marins. Les terrasses du port, quelques commerces de bouche, une boulangerie — une vie de village simple et authentique, à quatre kilomètres seulement d’Auray.
Des panneaux d’interprétation jalonnent le port et le bourg : histoire de la pêche, de l’ostréiculture, des forbans. Un petit parcours pédagogique à faire avant de s’élancer sur les sentiers.
Le vieux pont suspendu
Monument Historique depuis 1997
Il y a des ouvrages d’art qui transcendent leur fonction première pour devenir l’âme d’un lieu. Le vieux pont suspendu du Bono est de ceux-là. Inauguré le 28 septembre 1840, classé à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1997, il est l’un des deux derniers ponts de ce type encore debout en France — l’autre étant celui de Carnet, en Loire-Atlantique. Avant sa construction, les habitants de Baden et de Plougoumelen devaient traverser la rivière en bac, moyennant péage, pour rejoindre Auray. Le pont a changé la vie du village — et il ne l’a plus jamais quitté.
Sa silhouette est inoubliable : des câbles tendus à 26 mètres au-dessus de la rivière, des pylônes de pierre de taille, un tablier de bois qui vibre légèrement sous les pas. Aujourd’hui entièrement piétonnier, il offre depuis ses garde-corps de fer un panorama exceptionnel sur le port, les anciens chantiers ostréicoles et les berges sauvages de la rivière. Endommagé par les intempéries dès 1865, reconstruit en 1871, restauré plusieurs fois depuis — le pont a traversé deux siècles et il se porte bien. La vue depuis la rive de Pluneret, en face, révèle toute l’élégance de sa silhouette suspendue au-dessus des eaux.
Le meilleur angle pour photographier le pont n’est pas depuis le pont lui-même, mais depuis le sentier de Pluneret sur la rive opposée — une perspective saisissante, surtout en fin de journée avec la lumière rasante.
Le cimetière de bateaux
et les rives sauvages
À quelques centaines de mètres du port, là où la rivière se resserre et s’assombrit sous les frondaisons, les coques de vieux bateaux s’enfoncent lentement dans la vase. Le cimetière de bateaux du Bono est l’un des lieux les plus photographiés — et les plus mélancoliques — du Golfe du Morbihan. Silhouettes de bois noirci, mâts penchés, coques à moitié submergées : c’est ici que finissent leur vie les anciens bateaux de travail du Golfe, entre herbes hautes et silence de l’estuaire. La lumière de fin de journée, en automne, y est absolument remarquable.
Depuis le port, le sentier côtier (GR 34) longe la rive droite de la rivière et mène naturellement au cimetière de bateaux en une vingtaine de minutes de marche à pied. Sur l’autre rive, on aperçoit la chapelle Sainte-Avoye de Pluneret, un édifice gothique du XVe siècle à l’étonnante silhouette de forteresse, accessible depuis Le Bono par le pont Joseph-Le-Brix. Entre les deux rives, les herbes hautes des marais et les reflets de la rivière composent des paysages d’une beauté sauvage et tranquille, que les peintres et photographes qui ont élu domicile au Bono ne se lassent pas de capturer.
Le cimetière de bateaux est accessible via le sentier côtier depuis le port. Marée basse conseillée pour s’approcher au plus près des épaves. Lumières idéales en fin de journée, de septembre à novembre.
La chapelle Notre-Dame de Becquerel
& le moulin de Kervilio
Nichée dans un écrin de verdure au bord de l’étang de Kervilio, la chapelle Notre-Dame de Becquerel est l’un des joyaux cachés du Bono. Construite au Moyen Âge tardif, peu après la fin de la guerre de Cent Ans, elle est classée à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1925. Son chœur et son transept nord gothiques, sa source miraculeuse et son calvaire de granit du XXe siècle en font un lieu de dévotion qui continue d’accueillir chaque année, le 15 août, le pardon de l’Assomption — l’une des dernières célébrations de ce type encore vivantes dans la région. Autour de la chapelle, les chênes centenaires et les prairies humides abritent une faune remarquable.
À quelques pas, le moulin de Kervilio est une autre curiosité patrimoniale de premier ordre. Construit en 1456 — oui, au XVe siècle — ce moulin à marée fonctionnait grâce à deux roues à aubes et trois meules, mis en mouvement par le flux et le reflux de l’estuaire. Reconstruit au XIXe siècle, il est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1987. Sa position au bord de l’étang, au débouché d’un chemin ombragé de hêtres et de fougères, en fait l’une des haltes les plus poétiques du sentier côtier du Bono.
La chapelle se trouve à environ 3 km du bourg, accessible à pied ou à vélo par le sentier de la rivière du Bono. Le pardon de l’Assomption (15 août) est la seule occasion de l’année où la chapelle est ouverte à tous.
Ce qu’il faut faire au Bono et autour
Les sentiers côtiers
de la rivière du Bono
Le Bono est une destination de randonnée à part entière. Trois sentiers balisés rayonnent depuis le bourg, chacun révélant un aspect différent de ce territoire entre terre et mer — et tous sont beaux aussi bien en plein été qu’un matin de novembre sous la pluie bretonne. Le sentier de la rivière du Bono (circuit principal, environ 8 km, GR34 et balisage jaune PR) est le plus complet : il longe la rive droite jusqu’au fond de la baie de Kerdréan, passe par la chapelle de Becquerel et le moulin de Kervilio, traverse des bois où des passerelles en bois sur pilotis facilitent la progression au-dessus des zones humides.
Un deuxième circuit mène au tumulus de Kernours en remontant la rivière d’Auray — une balade plus ouverte, avec de belles vues sur la « petite mer ». Un troisième emprunte la rive opposée vers Sainte-Avoye, village de Pluneret, avec un retour par le bord de l’anse de Kerdréan. Tous ces sentiers partent du parking du bourg (gratuit hors saison) et sont accessibles à tous niveaux, sans dénivelé significatif. La location de vélos est disponible à Auray (4 km) — la plupart des sentiers sont aussi praticables en VTT ou vélo de chemin.
La mairie du Bono met à disposition un plan des sentiers côtiers sur son site officiel. Compter 2h30 à 3h pour le circuit principal de la rivière du Bono à pied. En automne, les couleurs sont exceptionnelles.
Le Forban
bateau âme du Bono
Si Le Bono a une âme flottante, c’est le forban. Ce bateau de pêche à fond plat, large, ventru et trapu, est né ici — ou presque : c’est sur la rivière du Bono et dans les eaux du nord du Golfe du Morbihan qu’il s’est développé et imposé comme l’embarcation de travail par excellence des pêcheurs bonovistes. Solide, maniable dans les courants capricieux du Golfe et dans les fonds peu profonds de l’estuaire, il pouvait embarquer deux à trois hommes d’équipage et sortir par tous les temps. À la fin du XIXe siècle, le port du Bono comptait plus de cent forbans en activité et quelque quatre cents marins — une vitalité maritime que peu de villages de cette taille pouvaient revendiquer.
Le déclin de la pêche et de l’ostréiculture dans les années 1970–1980 a emporté avec lui la flottille des forbans de travail. Mais la mémoire du bateau n’a pas disparu : dans les années 1990, les passionnés du Bono ont fait construire une réplique fidèle baptisée Notre-Dame de Becquerel, du nom de la chapelle tutélaire du village. Ce forban de bois participe chaque année aux grandes fêtes maritimes bretonnes — la Semaine du Golfe, la Fête des Vieux Gréements — et revient toujours au port du Bono, son port d’attache. On peut l’apercevoir amarré à quai au port, entre deux sorties en mer, témoin vivant d’une tradition qui refuse de se laisser oublier.
La réplique Notre-Dame de Becquerel est amarrée au port du Bono hors saison et entre les fêtes maritimes. Les années impaires en mai, lors de la Semaine du Golfe, elle navigue aux côtés des autres vieux gréements du Golfe du Morbihan.
Le tumulus
de Kernours
Le Bono n’est pas seulement un village maritime — c’est aussi un territoire néolithique. Niché au cœur d’une pinède qui surplombe la rivière du Bono, le tumulus de Kernours est un monument funéraire datant d’environ 3 000 avant J.-C. — contemporain des grands mégalithes de Locmariaquer et de Carnac. Le tertre principal, accompagné de plusieurs tombelles de l’âge du Bronze, est accessible librement et gratuitement depuis le bourg en une vingtaine de minutes de marche. Le cadre est remarquable : une pinède silencieuse, le murmure de la rivière en contrebas, une atmosphère hors du temps.
Le tumulus de Kernours s’inscrit dans un ensemble archéologique qui témoigne de l’occupation très ancienne de cette zone. Les terrains riverains du Golfe du Morbihan comptent parmi les territoires néolithiques les plus denses d’Europe occidentale — les habitants du Bono d’il y a cinq mille ans avaient choisi, eux aussi, ce recoin abrité au fond de l’estuaire. La vue depuis le tertre, par temps clair, embrasse un large panorama sur la rivière et les méandres de l’Auray.
- Tumulus de KernoursAccès libre. À 20 min à pied du bourg. Néolithique (~3 000 av. J.-C.). Vue panoramique sur la rivière du Bono.
- Tombelles de l’âge du BronzeAccessibles en même temps que le tumulus. Témoignent de l’occupation continue du site sur plusieurs millénaires.
Naviguer depuis
le port du Bono
Le Bono est un port de plaisance actif et un port d’accueil pour les grands événements nautiques du Morbihan. La Semaine du Golfe — le rassemblement de vieux gréements le plus important d’Europe, organisé les années impaires en mai — y fait toujours escale, transformant le petit port en scène de théâtre maritime avec ses dizaines de voiliers bois, ses concerts et ses régates de forbans. La Route de l’Amitié y trouve également son port d’attache.
Le reste de l’année, la Société Nautique du Bono propose l’apprentissage de la voile, le passage de permis maritime et des sorties en régates sur la rivière d’Auray et le Golfe du Morbihan. Pour les moins sportifs, la location de bateaux électriques sans permis depuis le port de Saint-Goustan à Auray (4 km) permet de remonter tranquillement la rivière du Bono jusqu’au pied du pont suspendu — une façon douce et silencieuse de découvrir les deux rives et leurs richesses naturelles. Compter une heure à six heures selon l’humeur et le parcours choisi.
- Semaine du GolfeRassemblement de vieux gréements. Port du Bono — escale incontournable. Années impaires, 3e semaine de mai.
- Société Nautique du BonoVoile, régates, permis maritime. Saison avril–octobre. Ouvert à tous niveaux.
- Bateaux électriques sans permisDepuis Saint-Goustan (Auray, 4 km). Remontée de la rivière du Bono. En famille ou entre amis.
Plus d’activités
autour du Bono
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Activités
Randonnées, croisières, visites guidées, sports nautiques, sorties nature — retrouvez toutes les activités du Golfe du Morbihan et de la rivière d’Auray.
Toutes les activitésÉvénements
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Activités & Excursions
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Le Bono n’est qu’un fragment de la mosaïque. Auray et Saint-Goustan, l’île de Gavrinis, Locmariaquer et ses mégalithes, les îles du Golfe — le Morbihan entier vous attend.
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