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Le tumulus de Kernours au Bono

    Entrée du tumulus de Kernours au Bono dans le Morbihan
    Kernours
    Mégalithes · Morbihan

    Le tumulus de Kernours

    Un dolmen coudé vieux de 5 000 ans, caché dans les pins du Bono

    Au bout d’un sentier en sous-bois, à deux pas de la rivière d’Auray, un tertre de 35 mètres de diamètre cache l’un des monuments mégalithiques les plus rares de Bretagne. Le tumulus de Kernours fait partie des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2025.

    Lieu
    Le Bono, Morbihan (56)
    Durée
    30 min à 1 heure
    Public
    Tous publics
    Tarif
    Gratuit, accès libre
    Découvrir

    Un dolmen coudé sous un tertre intact

    Le tumulus de Kernours — aussi appelé Tumulus du Rocher — se trouve au lieu-dit « Le Rocher », sur la commune du Bono, à 5 minutes d’Auray. On y accède par un sentier pédestre dans une pinède classée Espace Naturel Sensible, gérée par le département. Le cadre seul vaut le détour : les pins, le silence, la rivière d’Auray qui apparaît entre les arbres.

    Mais c’est ce qu’il y a sous le tertre qui rend ce site remarquable. Le tumulus, un imposant monticule de pierres et de terre de 35 mètres de diamètre, recouvre un dolmen à allée couverte d’un type très rare : un dolmen coudé. L’allée forme un angle droit en « L », avec un couloir d’environ 12 mètres orienté sud-est (vers le solstice d’hiver) qui débouche perpendiculairement sur une chambre funéraire de 8 mètres. Au total, 18 mètres de galerie, 36 piliers de pierre et 14 tables de granit.

    On ne connaît que sept dolmens coudés entre l’estuaire de la Loire et l’embouchure du Blavet. Kernours est le seul à avoir conservé son tertre intact. Le monument est daté d’environ 3 000 avant J.-C. — il était déjà vieux de 2 500 ans quand les Romains sont arrivés en Gaule.

    Les gravures

    Plusieurs piliers portent des gravures en écusson et des motifs marins représentant la morgate, le nom local de la seiche, symbole récurrent dans l’art mégalithique du Golfe du Morbihan. Ces signes sont similaires à ceux du dolmen des Pierres Plates à Locmariaquer. Pour les observer, il faut une lampe et un éclairage rasant — les gravures ne se révèlent pas à la lumière du jour.

    Une nécropole sur plusieurs millénaires

    Le tumulus n’est pas seul. Près de 2 500 ans après sa construction, des hommes de l’âge du Fer ont installé des tombelles autour de lui — des sépultures circulaires en pierre sèche, plus petites. Une demi-douzaine sont encore visibles dans la clairière. C’est dans ces tombelles qu’ont été découverts 24 bracelets en bronze, aujourd’hui exposés au musée de Préhistoire de Carnac et au musée d’Archéologie de Vannes. Le fait que des peuples soient venus enterrer leurs morts ici des millénaires après les bâtisseurs du tumulus dit quelque chose sur la puissance symbolique du lieu.

    Classé Monument Historique depuis 1928. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 12 juillet 2025, dans le cadre des « Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan » — le premier site breton reconnu par l’UNESCO, 54e bien français.

    Sur place

    Pourquoi y aller et que voir autour

    Kernours n’est pas un site aménagé avec des panneaux partout et un parcours fléché. C’est un monument en accès libre, dans une clairière, au milieu des pins. Un panneau d’information rédigé par Yannick Lecerf, archéologue conservateur du Patrimoine, est installé à l’entrée du site. Après, c’est à vous d’explorer.

    On entre dans le tumulus par le couloir — il faut se baisser. La lampe de votre téléphone suffit, mais une vraie lampe torche permettra de mieux voir les gravures sur les piliers. Les enfants adorent : c’est une vraie exploration, pas une vitrine de musée. Et le cadre — la pinède, les tombelles dans l’herbe, la rivière d’Auray en contrebas — est paisible.

    C’est une alternative parfaite aux alignements de Carnac si vous cherchez la tranquillité. Ici, il n’y a personne. Et le fait de pouvoir entrer dans le monument, toucher les pierres, voir les gravures de près — c’est une expérience que Carnac n’offre pas.

    Combinez avec une balade le long de la rivière d’Auray (boucle de 7,4 km depuis le bourg du Bono) ou avec la visite du vieux pont suspendu et de la chapelle Saint-Avoye. Le navigateur Bernard Moitessier est enterré au cimetière du Bono, pour ceux que ça intéresse.

    Pratique

    Préparer votre visite

    Adresse

    Lieu-dit « Le Rocher »
    56400 Le Bono
    À 5 min d’Auray, 20 min de Vannes

    Accès

    Gratuit, toute l’année, 24h/24.
    Parking au nord du site.
    Sentier pédestre en zone boisée (Natura 2000).

    Équipement

    Chaussures de marche recommandées (sentier forestier). Prévoir une lampe torche pour observer les gravures à l’intérieur du dolmen — le site n’est pas éclairé.

    À voir aussi

    Les bracelets en bronze de Kernours sont exposés au musée de Préhistoire de Carnac et au musée d’Archéologie de Vannes. Pour prolonger, visitez le cairn de Gavrinis, le Grand Menhir Brisé de Locmariaquer ou les alignements de Carnac — tous inscrits à l’UNESCO.

    Plus d’infos sur le patrimoine du Bono : lebono.fr · Sites mégalithiques du Morbihan : megalithes-morbihan.fr

    À découvrir autour

    Le Bono est à l’entrée du Golfe du Morbihan, entre Auray et Vannes. Un territoire où la préhistoire, la rivière et la mer se croisent à chaque tournant.

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