Le vieux pont suspendu du Bono
Un ouvrage de 1840, classé monument historique, à traverser à pied.
Il est là, posé au-dessus de la rivière, avec ses lattes de bois qui craquent sous les pas et ses câbles tendus entre deux rives boisées. Le vieux pont suspendu du Bono date de 1840 — c’est l’un des deux derniers de ce type en France. Alors aujourd’hui réservé aux piétons, il offre une vue magnifique sur le port, la rivière et les alentours. C’est aussi le point de départ de plusieurs belles balades le long de l’eau.
Le pont qui marque le paysage du Bono
Quand on arrive au Bono, on le voit tout de suite. Le vieux pont suspendu domine le petit port de sa silhouette fine, tendu entre les arbres d’une rive à l’autre. Il fait ainsi partie de l’identité du village — au même titre que le port, les bateaux à quai et les sentiers côtiers. C’est également l’image la plus photographiée de la commune, et on comprend pourquoi : la perspective depuis le tablier, avec la rivière en contrebas et les bateaux amarrés, est saisissante.
On peut l’emprunter librement, à pied ou à vélo. La traversée est rapide, mais on s’y attarde volontiers. Côté est, la vue plonge sur le port du Bono et ses pontons. Côté ouest, la rivière s’élargit vers la rivière d’Auray et le Golfe du Morbihan. À marée haute, l’eau monte jusqu’aux piliers. À marée basse, les vasières se découvrent et les oiseaux prennent le relais. Puis, selon l’heure et la saison, la lumière change tout — les couchers de soleil depuis le pont font d’ailleurs partie des plus beaux du coin.
Depuis le pont, on aperçoit souvent la réplique du forban du Bono, le bateau traditionnel des pêcheurs bonovistes, amarrée au port. Ce deux-mâts servait autrefois à la pêche côtière au chalut entre Quiberon et l’île d’Yeu. La réplique, construite pour perpétuer cette mémoire maritime, est superbe vue d’en haut.
Un pont suspendu vieux de presque deux siècles
Avant le pont, il fallait prendre un bac pour traverser la rivière du Bono. La traversée dépendait alors des marées, de la météo et du bon vouloir du passeur — pas toujours idéal quand on voulait se rendre au marché d’Auray. En 1835, le conseil municipal d’Auray décide donc la construction d’un pont suspendu. Les travaux débutent en 1838 et l’ouvrage est inauguré le 28 septembre 1840, financé par une subvention royale et un péage concédé au constructeur pour 98 ans.
Le pont mesure 97 mètres de long. Mais sa structure, trop légère, souffre rapidement des intempéries. Après de graves avaries en 1865, il est alors entièrement modernisé en 1870 par les ateliers Forget : les câbles sont doublés, la chaussée renforcée. En 1969, un nouveau pont routier — le pont Joseph-Le-Brix — prend le relais pour la circulation automobile, à 300 mètres en aval. Le vieux pont est ainsi réservé aux piétons.
Dans les années 90, l’usure impose une fermeture complète. Une restauration à l’identique est engagée grâce aux subventions de la DRAC, du Département, de la Région et d’une souscription publique. Le pont « renaît » le 7 mai 2005 et retrouve enfin ses promeneurs. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1997, c’est aujourd’hui l’un des deux derniers ponts suspendus de ce type en France — et probablement le plus photogénique.
Les balades au départ du pont
Le vieux pont est un carrefour de sentiers. Depuis ses deux extrémités, on peut partir dans plusieurs directions — et chacune offre une ambiance différente. Voici les principales.
Vers le cimetière à bateaux et Sainte-Avoye. C’est la balade la plus populaire. Après avoir traversé le pont (côté Pluneret), on prend le sentier côtier à droite. Il longe alors la rivière du Bono et mène à l’anse de Gocillo, où reposent les carcasses d’anciens forbans et bateaux ostréicoles — abandonnés ici depuis la Première Guerre mondiale. Le sentier se poursuit ensuite à travers bois jusqu’à la chapelle Sainte-Avoye, un édifice du XVIe siècle aux allures de petit château fort. Comptez environ 6 km pour la boucle complète, soit 1h30 à 2h de marche facile.
Vers Saint-Goustan. En longeant la rivière d’Auray vers le nord, le GR34 conduit jusqu’au port historique de Saint-Goustan à Auray. Le sentier alterne ainsi entre sous-bois, vues sur la rivière et passages en surplomb. C’est plus long — environ 5 km aller — mais le cadre est superbe, et l’arrivée à Saint-Goustan récompense largement l’effort.
Vers le bourg du Bono. Côté sud, le port est à deux pas du pont. On remonte alors vers le centre du village par les ruelles. Sur place, quelques restaurants et cafés permettent de faire une halte agréable. Le bourg conserve également son charme de petit port breton, avec ses maisons serrées et ses venelles qui descendent vers l’eau.
Avant de partir
Accès
Le pont se situe au cœur du village du Bono, en contrebas du pont routier Joseph-Le-Brix (D101). Parking gratuit à proximité du port. Le Bono est à 7 km d’Auray et à 20 minutes de Vannes par la N165.
Bon à savoir
Accès libre et gratuit, toute l’année. Le pont est réservé aux piétons et aux vélos. Prévoir des chaussures fermées pour les sentiers côtiers. Le cimetière à bateaux est accessible à marée basse comme à marée haute, mais la vue est plus spectaculaire à marée basse.
Le vieux pont suspendu du Bono est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1997.
Découvrir Le Bono
Ancien village de pêcheurs au confluent de la rivière du Bono et de la rivière d’Auray, Le Bono a gardé son authenticité. Port, sentiers côtiers, patrimoine maritime — tout se découvre à pied, au fil de l’eau.









