Plantec le groupe Trad Electro Breizh
Quand la bombarde rencontre l’électro, la Bretagne danse.
Deux frères, une bombarde, une guitare et des machines. Depuis 2002, Plantec fusionne musique traditionnelle bretonne, rock et électro pour créer un son qui transforme chaque fest-noz en dancefloor. Installé à Peillac, dans le Morbihan, le trio a porté ses sonorités trad electro sur les scènes de toute l’Europe — et jusqu’au Japon. Gavottes, pilés menus et kas ha barh passent ici au filtre des programmations électroniques, sans jamais perdre leur ancrage dans la danse bretonne.
Des fest-noz de lycée aux scènes européennes
L’histoire commence dans les années 2000, quand Odran et Yannick Plantec jouent en fest-noz au sein de Displann, un groupe de lycée. Odran tient la bombarde, Yannick la guitare. Très vite, les deux frères se lancent en duo sous le nom de Frères Plantec et enregistrent un premier EP live. En 2003, la rencontre avec Nicolas Le Millier (binioù) et Christophe Hellec (basse) donne naissance au groupe Plantec. Le premier album studio, Reverzhi (« marée d’équinoxe »), sort en 2004, produit par Créon Music et distribué par EMI.
Le tournant arrive en 2006 avec l’album éponyme Plantec, qui se vend à 10 000 exemplaires. Le groupe intègre alors Marc Gauvin, alias M-Kanik, aux machines — un virage qui annonce la direction future. Puis viennent A-Raok en 2007 avec le chanteur Mael Lhopiteau, et Mekanik en 2009, enregistré à Lorient et mixé en Pologne par Roli Mosimann, producteur ayant travaillé avec Björk et The Young Gods. Cet album, le plus rock de leur discographie, propulse Plantec sur une tournée de 80 dates, dont le festival Interceltique de Lorient aux côtés d’Alan Stivell.
En 2011, le groupe change de format et devient un trio avec l’arrivée de Gabriel N’Dombi, alias DjiBriL, aux claviers et programmations électroniques. C’est la configuration qui définira le son Plantec pendant plus d’une décennie. Ensemble, ils sortent Awen (2012), salué par Rock & Folk et France Inter, puis le live au Festival Interceltique de Lorient (2018) et Hironaat (2020) — un album qui invite des musiciens du Japon, du Burkina Faso et de Finlande. Fin 2025, DjiBriL quitte la formation. Cassie prend le relais aux machines.
Bombarde, guitare et machines un style trad electro
Le principe de Plantec tient en une formule : des mélodies d’inspiration traditionnelle jouées à la bombarde, portées par la guitare acoustique et amplifiées par des programmations électroniques. Les textes, quand il y en a, sont en breton. Les compositions reprennent les formes de la danse bretonne — gavotte, hanter dro, kas ha barh, rond de Saint-Vincent, pilé menu, scottish — et les passent au filtre du rock et de l’électro. En concert, le résultat produit une énergie brute qui fait taper du pied aussi bien les habitués des festoù-noz que les amateurs de musique électronique.
Plantec est également pionnier du mapping vidéo dans la musique traditionnelle. Depuis plusieurs années, les projections visuelles font partie intégrante du spectacle. Elles accompagnent la musique, créent une ambiance immersive et renforcent le caractère hypnotique des compositions. Le trio déploie ainsi un show complet — son, lumière et image — qui distingue leurs concerts de la plupart des formations bretonnes.
Au fil de dix albums et de centaines de concerts, le groupe a su élargir sa palette sans perdre son ancrage. Hironaat (« métissé » en breton), sorti en février 2020, illustre cette démarche : on y entend un pilé menu joué au shamisen par deux musiciens japonais, un kas ha barh chanté par des voix finlandaises et bretonnes, et un rond de Saint-Vincent accompagné au balafon par un musicien burkinabé. Le tout enregistré à Peillac et mixé en Pologne — fidèle au goût du groupe pour les collaborations lointaines et les studios exigeants.
Où voir Plantec en concert
Depuis sa création, Plantec a donné plus de 200 concerts et tourné sur quatre continents : Europe, Asie (Japon, Inde), Amérique du Nord (États-Unis) et Afrique (Togo). En Bretagne, le groupe est un habitué du Festival Interceltique de Lorient, du Yaouank à Rennes et du Roue Waroch à Plescop.
En 2026, le trio poursuit sa route avec Cassie aux machines, qui a pris le relais de DjiBriL fin 2025. Plantec continue de se produire en festoù-noz et en festivals à travers la Bretagne et la France. Le groupe a également fait l’objet d’un reportage sur Arte, dans l’émission Tracks (« Breizh Sound — Biniou for Ever »), tourné en partie à Peillac.
Pour connaître les prochaines dates, le mieux est de consulter le site officiel du groupe ou sa page Facebook. Plantec est également diffusé sur les playlists de France Bleu Breizh Izel.
Tout savoir sur Plantec
Formation
Yannick Plantec (guitare, chant), Odran Plantec (bombarde, chant) et Cassie (claviers, programmations électroniques, mapping vidéo). Trio depuis 2011.
Base
Peillac (56), dans le Morbihan, entre Redon et Rochefort-en-Terre. Le berceau familial est à Saint-Cadou en Sizun, dans les Monts d’Arrée.
Discographie
8 albums studio et 2 CD-DVD live depuis 2004 : Reverzhi, Plantec, A-Raok, Mekanik, Awen, Best of 10 ans, Furies, Hironaat, plus les deux lives (Yaouank 2008 et Festival Interceltique de Lorient 2018).
Bon à savoir
Le nom Hironaat signifie « métissé, hybride » en breton. Reverzhi signifie « marée d’équinoxe ». Awen désigne l’inspiration artistique en breton et en gallois.
Plantec est l’un des groupes qui ont renouvelé la scène musicale bretonne en fusionnant fest-noz et musique électronique, ouvrant la voie à un courant trad electro aujourd’hui bien installé.
Découvrir la culture bretonne
La Bretagne vit au rythme de ses fest-noz, de ses festivals et de ses artistes. De la musique traditionnelle au trad electro, la scène bretonne ne cesse de se réinventer.