
Les mégalithes de Locmariaquer
Le Grand Menhir brisé, la Table des Marchands et le tumulus d’Er Grah se visitent sur un même site.
Située dans le Golfe du Morbihan, Locmariaquer regroupe une concentration inestimable de mégalithes. Différents lieux attisent la curiosité des visiteurs du monde entier, car ce lieu magique témoigne de la vie des hommes du Néolithique. On y trouve plusieurs sites mégalithiques importants, comme la Table des Marchands, le Grand Menhir brisé et le tumulus d’Er Grah. Voici quelques informations utiles pour découvrir les mégalithes de Locmariaquer en Bretagne sud.
Le site mégalithique de Locmariaquer
La visite du site mégalithique de Locmariaquer, qui réunit notamment le Grand Menhir brisé et la Table des Marchands, est très intéressante. Depuis des années, je privilégiais les sites gratuits tels que les Pierres Plates de Locmariaquer ou les alignements de Carnac. Mais cette fois, on a testé la visite et elle vaut le détour !
Le lieu regroupe trois monuments majeurs du patrimoine mégalithique armoricain : le tumulus d’Er Grah, la Table des Marchands et le Grand Menhir brisé. Depuis le 12 juillet 2025, le site fait partie du bien « Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan » inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
En début de visite, vous assistez au visionnage d’une vidéo explicative. Le parcours vous emmène ensuite de l’un à l’autre des monuments, le temps d’un tour assez rapide mais intéressant. Vous pouvez faire la visite librement ou suivre la visite commentée par les agents du monument, sans supplément. On peut entrer dans la Table des Marchands et prendre des photos tout au long de la visite, contrairement à Gavrinis où les photos sont interdites à l’intérieur du cairn.
Les différents mégalithes du site
Les trois monuments se découvrent le long d’un même cheminement. Chacun illustre une architecture mégalithique différente : une tombe individuelle, une tombe à couloir et une grande stèle.

Le tumulus d’Er Grah
Le tumulus d’Er Grah est une architecture funéraire prestigieuse et monumentale. Il a été réalisé en plusieurs phases au Ve millénaire avant notre ère, avant la Table des Marchands : son mobilier est attribué à la culture du Castellic, entre 4 600 et 4 100 av. J.-C. Si le corps du défunt n’a pas été retrouvé, à cause de l’acidité du sol, les objets découverts sur place indiquent qu’il était un personnage important : la preuve d’une société hiérarchisée ?
Le tumulus d’Er Grah témoigne encore aujourd’hui des rites funéraires de la Bretagne au Néolithique. Il s’agit d’une sépulture individuelle fermée : à l’origine, son caveau n’avait pas d’accès depuis l’extérieur. Le petit cairn du départ a d’abord été englobé dans un cairn trapézoïdal de 45 mètres sur 20, puis étiré au nord et au sud, jusqu’à atteindre 140 mètres de longueur. Les haches et les pendeloques retrouvées dans le caveau venaient des Alpes italiennes et de la péninsule ibérique, et deux grands bovins avaient été ensevelis sur le site avant la construction.
Le monument a beaucoup souffert : vers 1933, son extrémité nord a servi de carrière, et sa partie sud a été arasée en 1971 pour aménager un parking. Il a été entièrement fouillé entre 1986 et 1994, puis restauré en 1992 sous la forme que vous voyez aujourd’hui.

La Table des Marchands
Vous vous dirigez ensuite vers la Table des Marchands. Elle illustre parfaitement la famille des tombes à couloir et présente un ensemble gravé remarquable. Ici, le dolmen est une tombe collective, et le cairn est destiné à cacher la sépulture. La maçonnerie de pierres sèches sans mortier relève également d’un grand savoir-faire. Érigée au début du IVe millénaire avant notre ère, vers 3 900 à 3 800 av. J.-C., elle a été restaurée à plusieurs reprises, la dernière fois en 1991. Elle serait aussi le premier monument à avoir été désigné sous le nom de dolmen, « table de pierre » en breton.
Le monument mesure une dizaine de mètres de long, dont un couloir d’environ 7 mètres, et sa chambre atteint 2,50 mètres de hauteur, ce qui est très inhabituel pour une sépulture. Les sources divergent sur ses mesures : certaines annoncent 12 mètres de long et une dalle de couverture de 7 mètres sur 4, pour environ 65 tonnes, alors que les relevés repris par Wikipédia donnent un peu plus de 10 mètres et une dalle de 5,72 mètres sur 3,95, épaisse de 85 centimètres.
À l’intérieur, deux pierres portent des gravures. Encore appelée la « stèle aux crosses », la dalle de chevet, au fond de la chambre funéraire, est décorée sur sa face interne de rangées de crosses. Elles sont entourées d’une figure que l’archéologue Charles-Tanguy Le Roux interprète comme une déesse-mère à la chevelure rayonnante, alors que Serge Cassen y voit plutôt un symbole phallique. En levant la tête, on découvre aussi des gravures au plafond, dont une hache emmanchée, une crosse et la partie avant d’un bovidé. La suite de cette gravure se trouve au cairn de Gavrinis : la dalle d’origine a donc été brisée, et ses morceaux ont servi à d’autres monuments.

Le Grand Menhir brisé
Le Grand Menhir brisé de Locmariaquer est l’ultime vestige d’un alignement de stèles aujourd’hui disparu, qui comptait à l’origine 18 pierres dressées. Surnommé « Pierre de la Fée », il est la plus grande stèle néolithique connue en Europe. Il a été dressé vers le milieu du Ve millénaire avant notre ère. Les sources ne donnent pas toutes les mêmes mesures : le Centre des monuments nationaux annonce plus de 20 mètres et plus de 300 tonnes, quand d’autres avancent 20,60 mètres pour 280 tonnes, ou environ 21 mètres pour 300 à 330 tonnes. Sa chute fait aussi débat : le Centre des monuments nationaux la situe quelques siècles après son érection, alors que Prosper Mérimée et la tradition locale la plaçaient au XVIIIe siècle.
Si ses dimensions impressionnent les historiens, ceux-ci ont du mal à s’accorder sur les techniques utilisées pour le transporter depuis son lieu d’extraction, à plusieurs kilomètres, et encore plus pour l’ériger. Sa gravure, longtemps appelée « hache-charrue », est difficile à voir de nos jours, car elle est très érodée. L’archéologue Serge Cassen y voit plutôt un cachalot. Sur place, vous découvrirez le menhir brisé en quatre morceaux, couché dans l’herbe.
Préparer votre visite
Adresse
Route de Kerlogonan, 56740 Locmariaquer. Depuis la D781, suivez les panneaux « Site des mégalithes » ou « Table des Marchands ». Avant d’entrer dans Locmariaquer, prenez à droite vers le terrain des sports : les parkings se trouvent sur votre gauche.
Période
Le site ouvre toute l’année. D’octobre à mars, il ferme le lundi, et il ferme aussi le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. Les horaires s’élargissent d’avril à septembre.
Accès et services
Le site est labellisé Tourisme et Handicap pour les quatre handicaps, et des fauteuils roulants et des cannes-sièges se prêtent à l’accueil. Les poussettes sont autorisées sur le chemin autour des monuments. Vous trouverez sur place une librairie-boutique et des sanitaires avec table à langer.
Bon à savoir
L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et pour les 18-25 ans résidant dans l’Union européenne. Les animaux ne sont pas admis, sauf les chiens guides, et il n’y a pas de consigne pour les bagages. Le Pass des mégalithes donne droit à un tarif préférentiel dans les sites partenaires, dont les alignements de Carnac et le cairn de Gavrinis.
Réservez vos billets pour le site des mégalithes avec Tiqets (lien affilié).
D’autres mégalithes à découvrir
Et si vous êtes en Bretagne sud, faites une halte à Carnac, puis admirez Gavrinis : les férus d’histoire vont apprécier. Notre page consacrée aux mégalithes vous aide à préparer la suite de votre découverte.





