Découvrir Locmariaquer
Mégalithes de l’UNESCO, huîtres du Morbihan, plages de l’Atlantique — une charmante destination bretonne comme on n’en fait plus
Là où la baie de Quiberon et le Golfe du Morbihan se rejoignent en un goulot d’un kilomètre, cette charmante station balnéaire bretonne veille depuis sept mille ans. Des menhirs dressés avant les pyramides, des huîtres plates élevées dans les courants du Morbihan, des plages à l’eau claire face à l’Atlantique — et une douceur de vivre bretonne que l’on ne trouve plus guère ailleurs.
Locmariaquer, c’est d’abord un village à part. Posé à l’entrée du Golfe du Morbihan là où les eaux du large rencontrent la mer intérieure, il porte un nom breton qui dit tout — Lok-Maria-Kaer, le lieu sacré de la belle Marie. Avant d’être un village ostréicole, avant d’être une station balnéaire familiale, ce fut l’un des hauts lieux de la Bretagne néolithique : les hommes y ont dressé, il y a près de sept mille ans, le plus grand menhir jamais érigé par l’humanité. En juillet 2025, cet ensemble mégalithique a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Aujourd’hui, Locmariaquer se parcourt à pied ou à vélo, en une journée ou en une semaine. Le matin aux mégalithes, l’après-midi sur la plage — l’eau est claire, la vue incomparable, et elle est bonne une fois dedans — le soir à la terrasse du port avec une douzaine d’huîtres plates. Une formule parfaite pour goûter à l’art de vivre morbihannais dans ce qu’il a de plus authentique.
À voir à Locmariaquer
Le port,
les huîtres plates & le bourg
Depuis la fin du XIXe siècle, Locmariaquer vit au rythme de l’ostréiculture. Les huîtres plates du Morbihan — variété plus rare et plus délicate que les huîtres creuses — sont élevées ici dans des courants chargés en plancton, qui leur confèrent une saveur iodée et noisettée incomparable. Les chantiers ostréicoles qui jalonnent le littoral peuvent se visiter sur réservation auprès de l’office de tourisme (juin–septembre), pour comprendre les gestes et la patience que demande cet élevage. Le port du Guilvin, petit et animé, est le point de ralliement naturel de la vie locale : terrasses, bateaux de plaisance, embarquements pour les croisières.
Au cœur du bourg, l’église Notre-Dame de Kerdro vaut l’arrêt. Classée Monument Historique, elle abrite un chœur et un transept romans du XIe siècle, exceptionnellement bien conservés. Son bénitier classé, ses retables, ses vitraux contemporains de 1960 — qui représentent la pêche, l’ostréiculture et les mégalithes — composent un intérieur d’une remarquable cohérence. Le marché de Locmariaquer se tient les mardis et samedis matins — l’occasion idéale d’acheter des huîtres fraîchement débarquées directement chez les ostréiculteurs.
Plusieurs restaurants du port servent des plateaux d’huîtres plates accompagnés de pain de seigle et de beurre salé. La dégustation la plus simple est souvent la meilleure.
La pointe de Kerpenhir
et Notre-Dame de Kerdro
Au bout du sentier côtier, là où la terre s’effile en une langue de sable et de galets, la pointe de Kerpenhir est l’un des panoramas les plus saisissants du Morbihan. C’est ici que se joue le passage entre deux mondes : d’un côté le Golfe du Morbihan, sa mer intérieure calme et ses quarante îles ; de l’autre la baie de Quiberon, ouverte sur l’Atlantique. Le goulot qui sépare Locmariaquer de Port-Navalo ne fait qu’un kilomètre de large — et les courants qui s’y engouffrent à marée montante ou descendante créent un spectacle naturel permanent, avec des vitesses pouvant dépasser 8 nœuds.
Au bout de la pointe, dressée sur son piédestal face au large, la statue de Notre-Dame de Kerdro veille sur les marins depuis 1946. Haute de 2,70 mètres en granit breton, elle représente une Vierge à l’Enfant dont la légende dit qu’elle sauva jadis l’équipage d’un navire en péril en leur faisant signe d’éviter la tempête. Elle remplace une statue de 1883 détruite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Par temps clair, le regard porte jusqu’à Belle-Île-en-Mer, Houat et Hoëdic, et jusqu’au phare de Port-Navalo juste en face.
Le meilleur moment pour observer les courants du goulot est à mi-marée montante ou descendante — le spectacle est impressionnant, et les photographes y trouveront des lumières inoubliables en fin de journée.
Le site des Mégalithes
Grand Menhir · Table des Marchands · Tumulus d’Er Grah
C’est le moteur du voyage, l’incontournable absolu, et il dépasse toujours les attentes. Géré par le Centre des Monuments Nationaux, le site regroupe trois monuments néolithiques d’une importance mondiale. Le Grand Menhir brisé d’Er Grah — surnommé « Pierre de la Fée » en breton — est le plus grand monolithe jamais érigé et transporté par l’homme au Néolithique : 20,6 mètres de long, près de 280 à 330 tonnes d’orthogneiss, érigé vers 4 500 av. J.-C. dans un alignement de 19 pierres. Aujourd’hui couché au sol en quatre fragments, il conserve une puissance brute qui laisse sans voix. Comment des hommes du Néolithique ont-ils déplacé ce bloc depuis des carrières situées à 8 à 10 km, par voie maritime ? La question reste entière.
Le dolmen de la Table des Marchands, tombe à couloir datée de 3 700 av. J.-C., abrite deux dalles ornées de gravures remarquables — une déesse-mère stylisée, des haches emmanchées, une crosse. Sa dalle de plafond de 65 tonnes est un ancien grand menhir réemployé, dont une partie correspond exactement au Grand Menhir brisé et à une dalle de l’île de Gavrinis — preuve que ces trois monuments partagent une origine commune. Le tumulus d’Er Grah, long de 140 mètres, complète cet ensemble funéraire d’exception. En juillet 2025, le site a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO dans le bien « Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan ».
La visite commence par un espace d’accueil avec une vidéo d’introduction (15 min, projetée toutes les 15 min) indispensable pour comprendre l’ensemble. Billet jumelé possible avec le Musée de Préhistoire de Carnac et le site de Gavrinis.
Ce qu’il faut faire à Locmariaquer et autour
Le sentier côtier
et le tour de Locmariaquer
À pied ou à vélo, le tour de Locmariaquer est l’une des plus belles randonnées côtières du Morbihan — et l’une des rares aussi belle en janvier qu’en juillet. Le sentier côtier (GR34) longe d’un côté les rivages face à l’entrée du Golfe du Morbihan — calme, avec ses parcs à huîtres et ses vues sur les îles — puis de l’autre la baie de Quiberon, plus ouverte et ventée, révélant à chaque virage une lumière différente, une crique nouvelle, un cairn néolithique oublié dans les herbes.
La boucle complète fait une dizaine de kilomètres, accessible à tous niveaux et sans dénivelé significatif. Elle passe par la pointe de Kerpenhir, le dolmen des Pierres Plates et longe plusieurs plages — un condensé de tout ce que la commune a à offrir en une seule promenade. À vélo, comptez 2 à 3 heures en prenant le temps des arrêts. La location de vélos est disponible en saison au bourg.
Le sentier des mégalithes (circuit balisé de 5 km, livret à l’office de tourisme pour 1,50 €) est une variante plus courte qui relie les principaux dolmens et menhirs libres de la commune.
Les plages
de Locmariaquer
Locmariaquer est aussi une vraie station balnéaire, et c’est ce que ses habitués aiment à rappeler. La commune compte cinq plages toutes différentes, toutes préservées du développement balnéaire massif qui touche d’autres rivages bretons. Les plages sont côté baie de Quiberon, face à l’Atlantique — l’eau y est claire, la vue dégagée, et elle est bonne une fois dedans.
La plage de la Falaise, la plus grande, est idéale en famille : sable fin, eaux calmes, baignade surveillée en saison. La plage de Saint-Pierre, plus intime et abritée, est appréciée pour sa tranquillité et ses lumières de fin de journée — un coucher de soleil en novembre sur l’Atlantique vaut bien une après-midi de juillet. La plage du Valy, la plage de Toul-Keun et la plage du Rolay complètent le tableau, chacune avec son caractère propre. Les jours de grande marée, les estrans se découvrent sur des centaines de mètres — l’occasion de se faire une belle sortie pêche à pied : étrilles, palourdes, crevettes.
La plage de Saint-Pierre est particulièrement belle hors saison — lumières rasantes, silence, pas un bruit sinon le vent et les oiseaux. Un vrai moment.
Autres sites mégalithiques
Pierres Plates & Mané Lud
Locmariaquer ne se résume pas au site payant du Grand Menhir. La commune est parsemée d’autres mégalithes accessibles librement, qui méritent largement le détour. Le dolmen des Pierres Plates, à l’extrémité sud de la commune, est une allée sépulcrale dite « coudée » — sa longueur de 24 mètres et sa forme angulaire en font l’une des architectures mégalithiques les plus singulières de Bretagne. Daté de 3 000 à 2 500 av. J.-C., il s’admire dans un cadre naturel exceptionnel, entre landes bretonnes et horizon marin.
Le dolmen de Mané Lud, placé au point le plus haut du bourg, est un grand tumulus à chambre funéraire dont certaines dalles portent des gravures préhistoriques — haches, serpentiformes, symboles solaires. Une allée couverte de 15 mètres, des dalles de couverture impressionnantes : c’est l’un des monuments funéraires les plus généreux de la commune. La destination propose un sentier des mégalithes (circuit pédestre et vélo, 5 km, livret disponible à l’office de tourisme pour 1,50 €) qui relie l’ensemble des sites en une seule promenade.
- Dolmen des Pierres PlatesAccès libre. Extrémité sud de la commune. Allée couverte coudée de 24 m, vers 3 000 av. J.-C.
- Dolmen de Mané LudAccès libre. Point haut du bourg. Dalles ornées, vue panoramique sur la baie.
Naviguer depuis
le port du Guilvin
Locmariaquer est l’un des meilleurs points de départ pour explorer le Golfe du Morbihan par la mer. Depuis le port du Guilvin, les croisières commentées des Vedettes du Golfe partent à la découverte des îles, des îlots et de leurs oiseaux nicheurs — aigrettes, hérons cendrés, cormorans huppés. Une croisière vers l’île aux Moines (la plus grande du Golfe, avec ses plages et ses forêts de mimosas) ou l’île d’Arz (la plus sauvage, surnommée « l’île des Capitaines ») transforme une journée ordinaire en belle évasion.
Pour les amateurs de glisse, la commune est aussi un terrain de jeu nautique de premier ordre. L’école de kayak et de voile propose des sorties guidées dans les passes du Golfe, idéales pour approcher les estrans et les îlots autrement inaccessibles. Le vieux gréement irlandais Leenan Head — un voilier centenaire basé à Locmariaquer — emmène les équipages d’un jour vers Houat et Hoëdic, cap sur l’Atlantique.
- Croisières Vedettes du GolfeDépart port du Guilvin. Croisières commentées, navettes îles. Saison avril–septembre.
- Kayak & voileLocation et sorties guidées depuis le port. Accès aux estrans et passages réservés aux petites embarcations.
- Leenan Head — vieux gréementVoilier irlandais centenaire. Sorties vers Houat et Hoëdic. Réservation indispensable.
Plus d’activités
à Locmariaquer
Explorer le Golfe du Morbihan
Activités
Randonnées, croisières, visites guidées, sports nautiques, sorties nature — retrouvez toutes les activités du Golfe du Morbihan.
Toutes les activitésÉvénements
Fête de l’huître, Semaine du Golfe, marchés nocturnes, régates — Locmariaquer et le Morbihan vibrent toute l’année. Consultez l’agenda pour ne rien manquer.
Voir l’agendaRéserver pour
Locmariaquer et le Golfe du Morbihan
Hébergement
Maisons d’hôtes face aux mégalithes, locations de vacances aux volets bleus, hôtels de charme sur le port ou à Auray et Carnac aux alentours.
Activités & Excursions
Croisières sur le Golfe du Morbihan, visites des mégalithes, sorties kayak et voile, excursions à l’île aux Moines, à l’île d’Arz et à Gavrinis.
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l’exploration du Morbihan
Locmariaquer n’est qu’un fragment de la mosaïque. Alignements de Carnac, île de Gavrinis, presqu’île de Quiberon, Vannes la médiévale — le Morbihan entier vous attend.
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