Découvrir la Presqu’île de Quiberon
14 km de terre entre deux mers, une côte sauvage classée, et le départ vers Belle-Île
Langue de granit avancée de quatorze kilomètres dans l’Atlantique, la presqu’île de Quiberon offre deux visages : à l’ouest, la Côte Sauvage, huit kilomètres de falaises battues par la houle, classées site naturel protégé depuis 1936 ; à l’est, la baie de Quiberon, des plages de sable fin abritées du vent et des eaux calmes face à Belle-Île. Entre les deux, des landes, des mégalithes, des villages de granit — et un train estival surnommé le tire-bouchon.
La presqu’île de Quiberon — Gourenez Kiberen en breton — est une ancienne île, rattachée au continent par un tombolo sableux : l’isthme de Penthièvre, large d’à peine une centaine de mètres dans sa partie la plus étroite. Au XIe siècle, les chartes la mentionnaient encore comme insula — « île ». C’est le déboisement massif et l’action des courants marins qui ont progressivement accumulé sable, galets et alluvions pour la relier à la terre ferme. Deux communes se partagent la presqu’île : Saint-Pierre-Quiberon au nord et Quiberon au sud.
Le contraste entre les deux façades est saisissant. La côte ouest — Aod bras, « la grande côte » en breton — est un chaos de granit sculpté par l’érosion marine, protégé par le Conservatoire du littoral sur près de 200 hectares et intégré au Grand Site de France « Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon ». La côte est, abritée des vents dominants, déroule ses plages de sable fin face à la baie, dans des eaux plus calmes qui font le bonheur des familles et des amateurs de voile. La presqu’île bénéficie du climat le plus ensoleillé de Bretagne — un atout que Louison Bobet avait repéré en y ouvrant le premier centre de thalassothérapie en 1964.
À voir à Quiberon
La Côte Sauvage —
huit kilomètres de falaises face au large
De la pointe du Percho au nord jusqu’au château Turpault au sud, la Côte Sauvage déploie huit kilomètres de falaises de granit, d’arches naturelles, de grottes marines et de criques inaccessibles. Classée site pittoresque par arrêté ministériel depuis 1936, propriété du Conservatoire du littoral sur près de 200 hectares, elle appartient au Grand Site de France « Dunes Sauvages de Gâvres à Quiberon ». Ce littoral est façonné dans un leucogranite vieux de 300 millions d’années, héritage de la chaîne hercynienne — le même granite que l’on retrouve de la baie d’Audierne jusqu’à Noirmoutier.
Trois sites concentrent l’essentiel de la beauté du parcours. La pointe du Percho, avec les ruines de son ancienne maison de douaniers, offre un panorama vertigineux sur le large et les falaises obliques déchirées par la houle. L’arche de Port-Blanc, formation géologique spectaculaire, se dresse au-dessus de l’eau — un monument naturel éphémère, grignoté par l’érosion, que les géologues comparent à une dune sous-marine retournée. Et la plage de Port Bara, nichée entre deux pointes rocheuses, est l’une des rares plages de la côte ouest — un amphithéâtre de sable encadré de falaises, splendide mais exposé aux courants.
La baignade est interdite sur la majeure partie de la Côte Sauvage en raison des courants et de la houle. Restez sur les sentiers balisés et ne sous-estimez pas la force des vagues, même par temps calme. Le spectacle se vit depuis les falaises — pas depuis l’eau.
Le château Turpault —
et Port-Maria, cœur maritime
Planté sur la pointe de Beg-er-Lann — « le bout de la terre » en breton —, le château Turpault marque l’entrée sud de la Côte Sauvage. Ce manoir de style anglo-médiéval, avec ses tours crénelées et ses murs de granit, a été construit entre 1904 et 1910 par Georges Turpault, un filateur de Cholet qui le baptisa « le château de la mer ». Occupé par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, restauré par ses propriétaires successifs, il reste une propriété privée qui ne se visite pas — mais sa silhouette sur fond d’océan est devenue l’image emblématique de la presqu’île.
En contrebas, Port-Maria est le cœur battant de Quiberon. Premier port sardinier de France dans les années 1950, il accueillait alors treize conserveries — il en reste deux aujourd’hui, dont La Belle-Iloise, institution locale. Le port est surtout le point d’embarquement vers les îles : Belle-Île-en-Mer (45 minutes de traversée), Houat et Hoëdic. Son phare de 1856, ses quais animés de chalutiers et de bateaux de plaisance, la statue du vieux pêcheur assis sur son casier face à l’ondine — Port-Maria conserve une atmosphère maritime que les restaurants de fruits de mer en terrasse prolongent jusqu’au soir.
- Château TurpaultPointe de Beg-er-Lann. Manoir de 1904, style anglo-médiéval. Propriété privée, ne se visite pas. Vue extérieure libre.
- Port-MariaPort de pêche et gare maritime. Embarquement vers Belle-Île, Houat, Hoëdic. Restaurants, commerces, phare de 1856.
Les plages —
du sable fin sur deux façades
La presqu’île compte une trentaine de kilomètres de côte et pas moins de dix-neuf plages, réparties entre la façade est, abritée, et quelques criques audacieuses sur la côte ouest. La Grande Plage de Quiberon, face à Belle-Île, est la plus célèbre : près d’un kilomètre de sable fin en plein centre-ville, bordée par les commerces, les restaurants et le casino. C’est ici que les premiers baigneurs sont venus à la fin du XIXe siècle, quand Quiberon devenait station balnéaire.
Au nord, la plage de Penthièvre déroule une immense étendue de sable blanc de part et d’autre de l’isthme — le paradis du char à voile, du surf et du kitesurf, avec un vent régulier et des vagues soutenues côté océan. La plage de Saint-Julien, face à la baie, séduit les surfeurs par ses rouleaux réguliers. Plus discrète, la plage du Porigo offre un cadre intime, nichée entre des rochers. Et à l’extrême sud, la pointe du Conguel, site protégé par le Conservatoire du littoral, donne un sentiment de bout du monde — une lande rase, des dalles de granit, une vue à 360° sur les îles et le phare de la Teignouse.
Pour un lever de soleil face aux îles, rendez-vous à la pointe du Conguel — l’un des plus beaux spots de la presqu’île. Pour le coucher de soleil, l’arche de Port-Blanc sur la Côte Sauvage est imbattable.
Le fort de Penthièvre —
verrou de la presqu’île
À l’entrée de la presqu’île, là où l’isthme se resserre, le fort de Penthièvre verrouille le passage depuis le XVIIIe siècle. Construit à partir de 1747 à la suite d’une attaque anglaise sur Lorient, il porte le nom de Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre et gouverneur de Bretagne. En 1795, le fort est au cœur de l’affaire de Quiberon — l’un des épisodes les plus dramatiques de la Révolution : une escadre anglaise débarque 3 000 émigrés royalistes, rejoints par des chouans des paroisses voisines. Le général Hoche reprend le fort le 21 juillet et balaie la presqu’île. Les prisonniers seront fusillés à Quiberon, Auray et Vannes.
Classé monument historique depuis 1933, le fort est aujourd’hui propriété du ministère de la Défense et sert de base d’entraînement au 3e RIMA de Vannes. Il ne se visite pas en temps normal, mais ses remparts et les vues panoramiques depuis l’isthme valent l’arrêt. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fort a été un lieu de détention et d’exécution de résistants — un mémorial rappelle cet épisode. De part et d’autre du fort, la longue plage de Penthièvre (plus de deux kilomètres côté océan) est un spot majeur de sports de glisse : surf, planche à voile, char à voile, kitesurf.
- Fort de PenthièvreIsthme de Penthièvre, entrée de la presqu’île. XVIIIe s. Monument historique. Ne se visite pas (base militaire). Mémorial.
- Plage de PenthièvreDe part et d’autre de l’isthme. Sable blanc, vagues, vent. Spot de surf, char à voile et kitesurf.
Ce qu’il faut faire à Quiberon
Randonnées et sentier côtier —
le tour de la presqu’île
Le GR 34 — sentier des douaniers — fait le tour complet de la presqu’île et offre un parcours de 15 à 18 km selon les variantes (environ 4h30 à pied). Le tronçon le plus spectaculaire longe la Côte Sauvage sur 8 km, entre la pointe du Percho et le château Turpault : falaises, landes de bruyère, arche de Port-Blanc, criques secrètes — un concentré de Bretagne à l’état brut. Côté baie, le sentier se fait plus doux, longeant les plages de sable fin et les petits ports.
Pour les cyclistes, la voie verte traverse la presqu’île du nord au sud et rejoint le réseau cyclable du Morbihan. En été, le tire-bouchon — un train TER entre Auray et Quiberon — évite les embouteillages sur l’unique route d’accès et permet de combiner train et vélo. Côté mer, les sports nautiques sont partout : surf et kitesurf côté océan (Penthièvre, Saint-Julien), voile, kayak et paddle côté baie. La presqu’île est aussi un terrain de randonnée patrimonial : des circuits balisés traversent les villages de granit (Kermorvan, Saint-Julien, Kerniscop) et passent par des sites mégalithiques — dont le menhir de Beg Er Goh Lannec, en forme de cœur.
En été, le tire-bouchon (TER Auray-Quiberon) est la meilleure option pour rejoindre la presqu’île sans voiture. Plusieurs arrêts desservent Penthièvre et Saint-Pierre-Quiberon avant le terminus. Location de vélos disponible à l’arrivée.
Activités nautiques
et villages de caractère
La presqu’île est un terrain de jeu exceptionnel pour les sports nautiques. Côté océan, les plages de Penthièvre et de Saint-Julien attirent surfeurs, kitesurfeurs et amateurs de char à voile — le vent y souffle avec régularité et les vagues ne manquent pas. Côté baie, les eaux calmes et abritées se prêtent à la voile, au kayak de mer et au stand-up paddle. Plusieurs écoles et clubs nautiques proposent initiations, stages et locations tout au long de la saison. Pour les plongeurs, les fonds rocheux de la Côte Sauvage et les abords des îles réservent de belles immersions.
À l’intérieur des terres, la presqu’île révèle un autre visage : des villages de granit aux ruelles étroites, bordées de maisons blanchies à la chaux et envahies de fleurs en saison. Kermorvan, Saint-Julien et Kerniscop sont les plus typiques — des hameaux de pêcheurs préservés, à l’écart du front de mer, où le temps semble suspendu. En chemin, on croise des murets de pierres sèches qui dessinent un bocage lithique remarquable, des menhirs discrets et la tour de Locmaria, qui offre un panorama unique sur la baie de Quiberon, la Côte Sauvage et, par temps clair, Belle-Île-en-Mer à l’horizon.
- Sports nautiquesSurf, kitesurf, char à voile côté océan. Voile, kayak, paddle côté baie. Écoles et clubs sur toute la presqu’île.
- Villages de caractèreKermorvan, Saint-Julien, Kerniscop. Maisons de granit, ruelles fleuries, patrimoine mégalithique discret.
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Activités
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Quiberon et la baie
Hébergement
Hôtels face à la mer, thalasso, campings familiaux, locations avec vue sur la baie ou la Côte Sauvage.
Activités & Excursions
Traversées vers Belle-Île, randonnées côtières, surf, voile, kayak, visites guidées de la Côte Sauvage.
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l’exploration du Morbihan
La presqu’île de Quiberon n’est qu’un chapitre. Les alignements de Carnac, la ria d’Étel, les îles du Golfe du Morbihan, Vannes et ses remparts, Auray et son port médiéval — le Morbihan entier vous attend.
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