Découvrir Quiberon
Presqu’île entre deux mers — côte sauvage, plages de sable fin, ports de caractère et îles du large
Quatorze kilomètres de terre rattachés au continent par un isthme de sable large de vingt-deux mètres. D’un côté, huit kilomètres de falaises déchiquetées par l’Atlantique — la côte sauvage. De l’autre, douze plages de sable fin abritées face aux îles. Au bout, deux ports — Port-Maria d’où partent les ferries vers Belle-Île, Houat et Hoëdic, et Port-Haliguen avec ses 1 200 places de plaisance. Quiberon est une presqu’île comme il n’en existe pas deux en Bretagne — et l’une des portes du Morbihan les plus spectaculaires.
Quiberon se résume à quatre expériences en une seule presqu’île. La côte sauvage à l’ouest — huit kilomètres de falaises, d’arches et de grottes battues par l’Atlantique, le long du GR34. Les plages de la côte est — une douzaine de criques de sable fin, eaux calmes, baignade surveillée en été. Les ports — Port-Maria pour les ferries vers Belle-Île, Houat et Hoëdic, Port-Haliguen pour la plaisance et ses terrasses. Et le patrimoine — mégalithes néolithiques, château Turpault, villages de capitaines aux maisons blanchies et volets bleus.
La presqu’île se visite en une journée depuis Vannes (50 min) ou Auray (30 min). En été, le train Tire-Bouchon relie Auray à Quiberon en longeant la côte — une arrivée qui vaut le détour à elle seule. Pour un séjour de plusieurs jours, Quiberon est le camp de base idéal pour rayonner vers les îles du large, les alignements de Carnac (15 min) et La Trinité-sur-Mer. Voici tout ce qu’il faut voir, faire et savoir.
À voir à Quiberon
La côte sauvage —
huit kilomètres face à l’Atlantique
La côte sauvage est le visage le plus spectaculaire de Quiberon. Sur huit kilomètres, du château Turpault au sud jusqu’à la pointe du Percho au nord, les falaises déchiquetées plongent dans l’Atlantique. Les vagues, même par temps calme, se fracassent contre les rochers dans des gerbes d’écume et des grondements sourds. La mer a sculpté la pierre en arches, grottes, cheminées et chaos rocheux — la plus célèbre est l’arche de Port-Blanc, aussi appelée la Roche Percée, un pont de pierre naturel que l’on peut admirer depuis le sentier.
Le sentier des douaniers (GR34) longe toute la côte et permet de la parcourir à pied — comptez environ deux heures pour l’intégralité, mais chaque crique invite à la pause. La pointe du Percho, au nord, offre un panorama immense : l’isthme de Penthièvre, Belle-Île au large, et par temps clair l’île de Groix. On y trouve les vestiges d’une ancienne maison de douaniers. Plus au sud, le site de Beg-er-Goalennec abrite un menhir dressé face à l’océan depuis plus de cinq mille ans — un des rares mégalithes en position littorale. La baignade est interdite sur toute la côte sauvage en raison des courants violents et de la houle — ce qui ajoute à son caractère brut et préservé.
Venez un jour de tempête hivernale : le spectacle des vagues est alors absolument saisissant. La côte sauvage en hiver, c’est la Bretagne dans ce qu’elle a de plus puissant — et il n’y a presque personne.
Le château Turpault —
sentinelle de la côte sauvage
Planté sur la pointe de Beg-er-Lann — « le bout de la terre » en breton —, le château Turpault marque l’entrée sud de la côte sauvage. Ce manoir de style anglo-médiéval, avec ses tourelles crénelées et ses dizaines de fenêtres, semble tout droit sorti d’un roman d’Écosse. Il fut construit entre 1904 et 1910 par Georges Turpault, un filateur de Cholet, à l’emplacement d’une vieille redoute militaire. Turpault le baptisa « le château de la mer » — ce sont les Quiberonnais qui lui donnèrent le nom qu’on lui connaît aujourd’hui.
Le château a traversé les tempêtes de l’histoire comme celles de l’Atlantique. Occupé et dégradé par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale — qui y construisit deux blockhaus —, il fut restauré à plusieurs reprises par ses propriétaires successifs. C’est une propriété privée qui ne se visite pas, mais sa silhouette est sans doute la plus photographiée de toute la presqu’île. Johnny Hallyday tenta de l’acheter — les propriétaires refusèrent. Le domaine de 500 m² habitables, niché dans un parc de 5 000 m², fut finalement vendu en 2014 à de nouveaux acquéreurs tombés sous le charme un jour de tempête.
- Château TurpaultPointe de Beg-er-Lann. Propriété privée, visible de l’extérieur. Entrée de la côte sauvage.
- Point photoLe meilleur angle : depuis le sentier côtier côté sud, en fin de journée pour la lumière rasante.
Port-Maria et Port-Haliguen —
deux ports, deux âmes
Port-Maria est le port historique de Quiberon — celui des pêcheurs et des sardinières. Jusqu’à la fin des années 1950, c’était le premier port sardinier de France, et quatorze conserveries y tournaient à plein régime. Aujourd’hui, 36 bateaux de pêche y sont encore basés. C’est aussi le port d’embarquement pour les îles du large : les ferries de la Compagnie Océane partent d’ici vers Belle-Île-en-Mer (45 minutes), Houat et Hoëdic. Sur le quai, la conserverie La Belle-Iloise — fondée en 1932 par Georges Hilliet — ouvre ses portes aux visiteurs : visite gratuite de l’usine historique et dégustation au magasin.
Port-Haliguen, côté est, est un ancien port d’échouage devenu port de plaisance moderne avec 1 200 places. Son phare de 1856 et l’ancienne maison de gardiens — reconvertie en espace d’expositions artistiques — lui donnent un charme que les ports neufs n’ont pas. C’est ici qu’Alfred Dreyfus débarqua le 1er juillet 1899 en revenant de l’île du Diable — une plaque commémorative sur le quai rappelle cet épisode. Le centre de Quiberon est à dix minutes à pied : rues commerçantes, crêperies, boutiques de niniches — ces fameuses sucettes inventées en 1946 par Raymond Audebert, devenues patrimoine culinaire de la presqu’île.
Visitez la conserverie La Belle-Iloise à Port-Maria — c’est gratuit, passionnant, et vous repartirez avec des sardines Saint-Georges à l’huile d’olive. L’usine historique de 1932 a été réhabilitée en espace muséographique de 540 m².
Ce qu’il faut faire à Quiberon et autour
Les plages —
douze criques de sable fin face aux îles
Quiberon compte douze plages naturelles sur sa façade est, abritées des vents dominants par la presqu’île elle-même. La Grande Plage, en plein centre face à la baie, est la plus animée : plus d’un kilomètre de sable fin, baignade surveillée en été, clubs de plage et terrasses où déguster les fameuses niniches les pieds dans le sable. La plage de Saint-Julien, plus au nord, séduit par son caractère plus sauvage et son cadre bordé de dunes. La plage du Goviro, celle du Castéro et celle de Kermorvan sont autant de criques plus intimes, idéales pour les familles.
Côté ouest, les plages se font rares et très différentes. Port-Bara, nichée entre deux pointes rocheuses de la côte sauvage, offre un cadre spectaculaire — on s’y baigne encadré de falaises, face au large. Mais attention aux courants : les plages de la côte sauvage ne sont pas surveillées et la baignade y est dangereuse. Pour les sports nautiques, Quiberon est un terrain de jeu exceptionnel : surf et bodyboard côté ouest, voile, kitesurf, char à voile et paddle côté est. Les vents sont réguliers, les espaces dégagés — c’est l’un des plus beaux spots de surf de Bretagne.
La plage du Porigo, au nord de Port-Haliguen, est le secret des habitués : petite, calme, avec une vue dégagée sur les îles. Parfaite pour un après-midi tranquille loin de la foule de la Grande Plage.
La pointe du Conguel —
le bout du monde
À l’extrémité sud de la presqu’île, la pointe du Conguel est un petit cap d’un kilomètre de long sur 200 mètres de large — un confetti de terre entre ciel et mer. Protégée par le Conservatoire du littoral, elle se parcourt à pied par un sentier qui en fait le tour. Le sentiment de bout du monde est immédiat : on est cerné par l’eau, avec en face le phare de la Teignouse qui marque la séparation entre la baie de Quiberon et le grand large.
Sur la pointe, on découvre de grandes dalles de pierre — les vestiges d’anciens fours à goémon où l’on brûlait les algues pour alimenter les usines à soude, une activité qui faisait vivre les côtes bretonnes aux XVIIIe et XIXe siècles. Une table d’orientation permet de repérer les îles du large et les différents amers. C’est un lieu idyllique pour les lève-tôt : la pointe du Conguel est l’un des meilleurs spots de la presqu’île pour assister au lever du soleil. Accès piétons uniquement — vélos interdits, chiens tenus en laisse autorisés.
- Pointe du ConguelBout du monde. Sentier d’un kilomètre, accès libre. Fours à goémon, vue sur le phare de la Teignouse.
- Table d’orientationVue panoramique sur Belle-Île, Houat, Hoëdic et l’entrée du Golfe du Morbihan.
Villages de charme,
mégalithes et patrimoine
Quiberon n’est pas qu’un littoral — c’est aussi une constellation de villages de caractère. Kermorvan, Saint-Julien, Kerniscop, Kernavest, Roch Priol : des hameaux aux ruelles étroites, aux maisons de pierre blanchies à la chaux et aux volets bleus. Parmi elles, on distingue les maisons de capitaines — entre 180 et 190 sur la presqu’île —, reconnaissables à leurs lucarnes surmontées d’un fronton en demi-lune en granit, construites au XIXe siècle par les maîtres au cabotage. Chaque maison avait une cheminée ornée d’une collerette et parfois un linteau gravé de sa date de construction.
Le patrimoine mégalithique est partout. Le menhir de Beg-er-Goalennec, surnommé « bonnet d’évêque », se dresse face à l’océan depuis plus de cinq millénaires. L’allée couverte de la Pointe-de-Guéritte, classée Monument historique depuis 1931, et le dolmen du Conguel complètent un inventaire de sept monuments classés sur la seule commune. La Maison du Patrimoine, née en 1980 pour sauver une maison d’amateur de la fin du XVIIe siècle, retrace l’histoire de la presqu’île du Néolithique à nos jours : débarquements anglais, guerre sous-marine, costumes, pêche, naufrages. Le lavoir du Ragot, réhabilité en 2007, accueille aujourd’hui concerts en plein air et chasses aux œufs de Pâques.
Le Fort de Penthièvre, à l’entrée de la presqu’île, garde le souvenir de la bataille de 1795 et un mémorial rend hommage aux résistants fusillés en 1944. Un lieu de mémoire puissant, gratuit, à ne pas manquer.
Belle-Île, Houat, Hoëdic
et excursions depuis Quiberon
Quiberon est la porte d’entrée vers les îles du large. Depuis Port-Maria, la Compagnie Océane assure des traversées toute l’année vers Belle-Île-en-Mer — la plus grande île de Bretagne, à 45 minutes de ferry. Belle-Île a séduit Claude Monet, qui y peignit trente-neuf toiles, et Sarah Bernhardt, qui y possédait une maison au fort de la Pointe des Poulains. L’île se découvre à pied (le GR340 en fait le tour en 85 km) ou à vélo — pas de voiture nécessaire. En été, réservez votre traversée à l’avance.
Plus petites et plus sauvages, Houat (4 km de long) et Hoëdic (2,5 km) sont des paradis préservés où la pêche artisanale rythme encore la vie. Pas de voiture sur ces îles — on y marche, on s’y baigne dans des eaux turquoise, on y déjeune de poisson frais au port. Le train Tire-Bouchon — un TER estival pittoresque — relie Auray à Quiberon en longeant la côte, offrant un panorama exceptionnel sur la baie. Au nord, les alignements de Carnac sont à quinze minutes en voiture. À l’est, La Trinité-sur-Mer et son port de plaisance mythique, puis Auray et le port médiéval de Saint-Goustan, complètent un itinéraire de découverte qui peut occuper un week-end ou une semaine entière.
- Belle-Île-en-Mer45 min de ferry depuis Port-Maria. Traversées toute l’année. Réservation conseillée en été.
- Houat et HoëdicÎles sans voiture. Traversée depuis Port-Maria. Excursion à la journée ou séjour.
- Train Tire-BouchonTER Auray — Quiberon en été. Longe la côte avec vue panoramique sur la baie.
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Quiberon n’est qu’un chapitre. Carnac et ses alignements, La Trinité-sur-Mer et ses trimarans, Vannes et ses remparts, Auray et Saint-Goustan — le Morbihan entier vous attend.
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