Châteaux à découvrir en Bretagne
Forteresses médiévales, manoirs Renaissance et citadelles maritimes
Des remparts de Fougères aux tours de Josselin surplombant l’Oust, des fortifications de Brest au château du Taureau ancré dans la baie de Morlaix : la Bretagne conserve un patrimoine castral dense et varié. Tour d’horizon des châteaux et forteresses à visiter dans les quatre départements bretons.
Les châteaux du Morbihan
Le Morbihan concentre une belle diversité de forteresses, du château ducal de Suscinio au bord de l’océan à la silhouette de Josselin perchée au-dessus de l’Oust. Six sites méritent le détour.
Le château de Josselin
Trois tours massives en granit dominent l’Oust : c’est la façade militaire du château de Josselin, édifiée par le connétable Olivier de Clisson à partir de 1370. L’enceinte d’origine comptait neuf tours, des remparts de 25 mètres et un donjon culminant à 32 mètres — la forteresse la mieux armée de Bretagne à l’époque. Côté cour, le contraste est saisissant : la façade commandée par Jean II de Rohan entre 1495 et 1506 est un chef-d’œuvre du gothique flamboyant breton, avec ses lucarnes reliées par une balustrade de granit sculpté où se répète la devise familiale « A Plus ». La famille de Rohan habite toujours le château — depuis plus de six siècles. L’intérieur, restauré au XIXe siècle dans un style néo-gothique, dévoile une bibliothèque de 3 000 ouvrages, des tapisseries des Gobelins et un musée de poupées rassemblant plus de 5 000 pièces.
Le château de Suscinio
Résidence d’été des ducs de Bretagne du XIIIe au XVe siècle, Suscinio se dresse au bord de l’océan, cerné de marais et de bois, sur la presqu’île de Rhuys. Classé monument historique, l’édifice a fait l’objet d’une restauration de grande ampleur : les six tours, le logis ducal et la courtine ouest sont aujourd’hui remis en état. Le château conserve un pavement médiéval polychrome exceptionnel, découvert lors de fouilles dans la chapelle — l’un des plus grands ensembles de carreaux de sol du XIIIe siècle en Europe. Le domaine de 60 hectares qui l’entoure alterne prairies, dunes et forêt littorale, accessible librement.
Le château de Trédion
Construit au milieu du XIVe siècle à quelques kilomètres de Vannes, le château de Trédion a reçu au fil des siècles des hôtes de marque, dont François Ier et Catherine de Médicis. Aujourd’hui propriété privée, le domaine se visite sur rendez-vous et accueille régulièrement des événements culturels dans son parc boisé.
Le château de Trécesson
Aux portes de la forêt de Brocéliande, le château de Trécesson émerge d’un étang où ses murs de schiste pourpre se reflètent dans une symétrie presque irréelle. Construit à la fin du XIVe siècle, l’édifice est resté intact — deux tours rondes, un corps de logis en équerre et un pont de pierre franchissent les douves en eau. Le lieu est indissociable de la légende de la Dame Blanche, une jeune mariée qui aurait été enterrée vivante dans les bois voisins. Le château ne se visite pas (propriété privée), mais l’extérieur et les abords de l’étang se découvrent librement.
La forteresse de Largoët
À une quinzaine de kilomètres de Vannes, la forteresse de Largoët dissimule dans un écrin de verdure le plus haut donjon octogonal de France — 57 mètres depuis la base. Construit au XIVe siècle par le maréchal de Rieux, l’édifice a longtemps servi de prison d’État. Henry Tudor, futur roi d’Angleterre Henri VII, y fut enfermé en 1474. Aujourd’hui en ruines partielles, le site se visite et propose des animations médiévales en saison.
Le château Turpault
Perché à la pointe sud de la presqu’île de Quiberon, le château Turpault marque la frontière entre la côte sauvage et la Grande Plage. Construit en 1904 par un industriel du textile choletais, ce manoir de style néo-médiéval avec sa tour crénelée est devenu l’un des paysages les plus photographiés du Morbihan. Propriété privée, il ne se visite pas, mais le sentier côtier passe au pied de ses murs.
Les châteaux du Finistère
Au bout de la Bretagne, le Finistère mêle forteresses maritimes et grands domaines Renaissance. Quatre sites se distinguent.
Le château de Kerjean
Construit à la fin du XVIe siècle par la famille Barbier, le château de Kerjean associe l’ampleur d’un château Renaissance aux défenses d’une place forte — fossés, bastions, enceinte fortifiée. Classé monument historique, il est géré par le Département du Finistère et accueille des expositions d’art contemporain dans ses salles et son parc de 20 hectares.
Le château du Taureau
Ancré sur un rocher au milieu de la baie de Morlaix, le château du Taureau a été bâti au XVIe siècle pour protéger la ville des incursions anglaises, puis fortifié par Vauban au XVIIe siècle. Tour à tour forteresse, prison et résidence secondaire, il a été restauré entre 1998 et 2006. On y accède uniquement par bateau — la traversée depuis Carantec ou Plougasnou fait partie du spectacle.
Le château de Brest
Le château de Brest est l’un des rares édifices de la ville à avoir survécu aux bombardements de 1944. Occupé depuis l’Antiquité romaine (un castrum y existait au IIIe siècle), remanié par les ducs de Bretagne puis fortifié par Vauban, il surplombe la Penfeld et la rade. Toujours propriété de la Marine nationale, il abrite le Musée national de la Marine, consacré à l’histoire maritime de Brest et de l’arsenal.
Le château de Trévarez
Construit entre 1893 et 1907 pour le politicien François de Kerjégu, le château de Trévarez tranche avec les forteresses médiévales : briques roses, tours néo-gothiques, équipements modernes pour l’époque (chauffage central, ascenseur, électricité). Bombardé en 1944, il reste en partie en ruines. Le domaine de 85 hectares, labellisé « Jardin Remarquable », mêle jardins à la française, collections de camélias et de rhododendrons, et forêt. Des expositions d’art y sont organisées toute l’année.
Les châteaux des Côtes d’Armor
Le département des Côtes d’Armor conserve des châteaux forts spectaculaires, entre côte d’Émeraude et forêts de l’intérieur.
Fort La Latte
Sur la pointe de la Latte, face au large, Fort La Latte (ou château de la Roche-Goyon) occupe un éperon rocheux séparé de la terre ferme par deux crevasses enjambées par des ponts-levis. Construit au XIVe siècle, remanié au XVIIe, le fort a servi de décor à plusieurs films, dont Les Vikings (1958) avec Kirk Douglas. La promenade sur le chemin de ronde offre une vue à 360° sur le cap Fréhel, les falaises de grès rose et l’île de Cézembre au loin.
Le château de Bienassis
Demeure seigneuriale à la façade de grès rose caractéristique de la côte de Penthièvre, le château de Bienassis remonte au XVe siècle. Restauré au XVIIe, il conserve une chapelle, des jardins à la française et un intérieur meublé d’époque. Les visites guidées permettent de parcourir les salons, la cuisine ancienne et les douves. Le parc accueille ponctuellement des spectacles en saison.
Le château de Tonquédec
Au cœur d’une forêt, à quelques kilomètres de Lannion, les ruines du château de Tonquédec conservent une allure imposante : deux donjons, onze tours et la majeure partie de l’enceinte sont encore debout. Construit entre le XIIe et le XVe siècle, démantelé sur ordre du duc de Bretagne Jean IV puis partiellement reconstruit, il a été définitivement abandonné au XVIIe siècle. Le site se visite librement et accueille des animations médiévales en été.
Les châteaux d’Ille-et-Vilaine
L’Ille-et-Vilaine concentre les grandes forteresses des Marches de Bretagne — celles qui protégeaient le duché face au royaume de France.
Le château de Combourg
Construit à partir du XIe siècle, le château de Combourg doit sa renommée à François-René de Chateaubriand, qui y passa son enfance à la fin du XVIIIe siècle. L’écrivain a immortalisé les lieux dans les Mémoires d’outre-tombe, évoquant les nuits solitaires dans la tour du Chat, hantée selon la légende par un ancien comte de Combourg. Quatre tours massives encadrent un corps de logis dominant le lac. L’intérieur, restauré au XIXe siècle, abrite les souvenirs de l’écrivain — manuscrits, mobilier, portraits de famille.
Le château de Fougères
L’une des plus grandes forteresses médiévales d’Europe. Niché dans un méandre du Nançon, le château de Fougères déploie deux hectares de fortifications, treize tours et trois enceintes concentriques. Sentinelle des Marches de Bretagne, il gardait la frontière orientale du duché face au royaume de France. Victor Hugo et Balzac l’ont décrit dans leurs œuvres. Le chemin de ronde, qui relie les tours Mélusine, Gobelin et Raoul, offre un panorama sur les toits de la ville basse et le jardin public en contrebas.
Le château du Rocher-Portail
À une trentaine de kilomètres du Mont-Saint-Michel, le Rocher-Portail est un château du XVIe siècle construit pour Gilles Ruellan, proche conseiller d’Henri IV. La galerie Renaissance de 130 mètres, la plus longue de France encore conservée dans un château privé, ouvre sur un parc à la française. L’intérieur se visite : salons meublés, tapisseries flamandes, et une chapelle préservée.
Le château des Ducs de Bretagne à Nantes
Le château des Ducs de Bretagne
Construit au XIIIe siècle et transformé en résidence principale par le duc François II, le château des Ducs de Bretagne est le lieu de naissance d’Anne de Bretagne en 1477 — la duchesse qui devint deux fois reine de France. L’édifice mêle les puissantes murailles de granit d’une forteresse défensive au raffinement d’un logis ducal en tuffeau blanc. Après une restauration de quinze ans, il abrite depuis 2007 le musée d’histoire de Nantes, qui retrace le passé de la ville en 32 salles, de l’époque ducale au commerce transatlantique. Le tour des remparts est accessible gratuitement et offre un point de vue sur le centre-ville.
Poursuivez la découverte de la Bretagne
Forteresses, légendes, sentiers côtiers et patrimoine mégalithique : la Bretagne se visite sous tous les angles.
Les commentaires sont fermés.